Autoconstruction : vermicompostage d’appartement…

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Un article « faites le vous même », écrit et expérimenté par Frédéric du blog http://barbuvertlecohabitat.blogspot.fr

« J’ai donc essayé de fabriquer mon bac à compost avec des vers à fumier, mais restant méfiant, je ne l’ai pas mis à l’intérieur mais sur mon balcon. Après quelques mois d’essais, de modifications, je vous livre mon mode fabrication avec les précautions à prendre pour ne pas tomber dans les travers que j’ai eu à affronter. Mon bac à compost est largement conçu pour un couple, il faut penser à augmenter les volumes et surfaces de compost pour les familles plus nombreuses et bien sûr en fonction des habitudes alimentaires.

Ce qu’il faut:

  • Des bacs en plastique opaque (10€ pour 5 bacs)
  • De la toile géotextile (2m² de 2 à 5€ le m², à récupérer sur un chantier près de chez soi)
  • Du ruban adhésif toilé (3€ le rouleau)
  • Des vers de fumier Eisenia foetida gratuits dans le fumier du voisin, (vous pouvez aussi essayer les « hermitia illucens », de très bonnes larves…ndle)
  • Des déchets organiques gratuits dans notre poubelle
  • De la matière carbonnée séche comme des journaux et emballages, gratuits dans notre boite aux lettres et notre caddie!

Le BAC, c’est un bac acheté chez IKEA, le moins cher du marché avec un couvercle qui s’emboite correctement et ne laisse pas entrer d’air!!!, ses dimensions sont 35x25x22 cm. On a en besoin de 5 au prix de 2€ l’un. Il faut un bac opaque, les vers doivent travailler dans le noir. Hermétique pour ne pas laisser entrer les insecte, attentions au bac avec poignées intégrées! Le bac est en plastique non cassant, ce qui lui permet de rester assez souple pour les trous qu’on va lui faire. Les bacs sont empilables les un sur les autres, le couvercle du bac du dessous sert de soucoupe à celui du dessus.

La bac du bas permet de récolter le jus du compost. Je m’en sers comme engrais liquide que je dilue fortement dans mon arrosoir. Même si on ne veux pas se servir de ce liquide, il faut prévoir ce bac. Les déchets qu’on met en compost sont en majorité faits d’eau (85%) et il faut recueillir cette eau sinon, ça devient un bouillon de culture pour pas mal d’insectes. Pour le bac du bas, on fait un trou de 1cm de diamètre dans le couvercle, d’un coté, et sous le bac on met une petite cale pour faire pencher le bac (cale de 2,5cm pour 35cm de long, soit une pente de 7%).

Comme il ne faut pas laisser entrer dans le bac quelque insecte qu’il soit, le trou de 1cm de diamètre est bouché par une mèche de géotextile qui empêchera les insectes de rentrer mais aussi servira de drain. Par effet de capilarité les liquides seront absorbés sur le couvercle et goutteront dans le pot de récolte en dessous.

Les autres bacs sont les compostières. Quand le bac du dessus est plein, on le met juste au dessus du bac de récolte de jus et on fait remonter d’un étage les autres bacs. Ces Bacs sont percés pour permettre:

  • le drainage par les trou du bas. Je rappelle que trop d’eau attirera les insectes et fera ressortir une mauvaise odeur
  • L’aération par les trous des cotés. Si on oublie l’aération, les vers s’asphyxient et les déchets organiques moisissent.

Pour éviter l’entrée d’insectes par les trous de drainage, on fabrique des mèches de géotextile qu’on passe par les trous du fonds, qui par capilarité aideront le drainage

Pour s’assurer que nos vers ne se feront pas la malle (ce qui peut arriver s’ils ont faim, froid ou peur!), on pose un géotextile à l’intérieur du bac qui est fixé par le ruban adhésif toilé au niveau du contact avec le couvercle. Ceci pour s’assurer que les trou d’aération ne permettent pas aux insectes de rentrer et d’assurer une étanchéité au niveau du couvercle.
Le géotextile laisse passer l’air et l’eau. L’air qui doit se renouveler et l’eau qui doit couler.
C’est l’étape la plus difficile, il faut se trouver des talents de tailleur, car le scotch ne tient qu’en haut du bac, car plus bas, l’humidité le décollera.

Comme pour le bac du bas, les couvercles, SAUF un, sont percé d’un trou pour s’assurer du passage de l’eau au niveau inférieur. Les trous sont munis d’une mêche en géotextile, pour faciliter le drainage et éviter l’entrée d’insecte. Le couvercle du dessus reste intact.

Dans le fond de notre premier bac, on doit y poser de la matière sèche carbonaté, ceci pour réduire le taux d’humidité et pour assurer un équilibre Carbone/Nitrate, ce qui évite la putréfaction et l’apparition d’odeur. On peut y mettre de la paille, des feuilles mortes, mais ce qu’on trouve le plus facilement en appartement ce sont les journaux en papier non glacé, les emballage papier (kraft), l’emballage du pain,… Il faut les déchirer en lambeau pour faciliter leur mélange au compost

Quand on ajoute des matière organique, il faut ajouter des matières carbonées en même temps. Souvent, je mets mes déchets organiques du jour dans un journal pour les emballer et je le met tel quel dans le bac. Quand le bac est plein, j’ajoute des lambeaux de journaux sur le dessus et je passe la bac dans le fond. Je ne remue le contenu du bac que quand il revient sur le dessus de la pile, c’est à dire après remplissage des 3 autres bacs, soit suffisamment longtemps pour n’avoir presque plus rien dans le bac.

Dans le cas d’apparition de petites mouches noires, très lentes, facile à tuer mais qui laissent des traces ou des larves qui se mettent à courir partout comme ci dessous, c’est qu’il y a un problème d’étanchéité. Il faut revoir le collage du géotextile


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Ces efforts vous seront récompensés par une poubelle de cuisine qui ne sentira plus et par des économies de sacs poubelles, car vous irez la vider moins souvent. C’est aussi un geste citoyen, car incinérer des ordures faites à 85% d’eau, ça demande de l’énergie, souvent issue du pétrole, donc un coût pour les communes et l’environnement. Même si ça parait peu aujourd’hui à notre échelle, si tout le monde faisait comme ça, que d’économies! « 

Merci Frédéric pour ton expérience partagée…

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