Mesurez la quantité de nutriments de vos fruits et légumes

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Une de mes professeurs de permaculture d’origine Néo-zélandaise, Kay Baxter, fondatrice de l’institut de permaculture des Koangas chez les kiwis, et auteure de « design your own orchard » (concevez/planifiez votre verger), m’a présenté un outil que j’aimerai vous faire partager aujourd’hui.

Un outil fort intéressant pour tous les permaculteurs, jardiniers et autres seront heureux de découvrir et que certains (vignerons, arboriculteurs..) connaissent peut être déjà. Cet outil va nous permettre de mesurer la quantité de nutriments présent dans les fruits et légumes que nous produisons.

En effet, c’est bien beau de faire pousser des légumes soi-même, sans produits chimiques et autres ingrédients néfastes, mais que savons nous de leur teneur en nutriments? Leur goût est bien meilleur c’est certain, ils sont plus naturels, mais sont ils satisfaisant pour apporter à notre corps ce dont il a besoin?

Les sols en ces temps modernes, si je puis dire, sont tellement dénaturés par endroit, qu’on ne peut en avoir la certitude. S’ils ne sont pas dénaturés, en maitrisant mal le retour des nutriments, et en cultivant sans cesse au même endroit, on risque simplement l’épuisement de son sol.

Kay a ces préférences pour cultiver en utilisant la méthode bio-intensive, dans des sols riches en minéraux et en nutriments, « dopés » par un compost assez finement mené. Une méthode qui fait beaucoup d’émules aujourd’hui dans pas mal d’endroit, comprenant la très connue ferme du Bec Hellouin. Elle n’a donc pas vraiment de soucis à se faire sur la densité de nutriments présent dans ses produits du jardin, mais nous?

Cet outil, c’est le refractomètre. Il permet de mesurer le niveau de Brix (un équivalent de densité de nutriments) présent dans le jus du fruit/légume testé.

Il se présente comme un espèce de télescope, avec d’un coté un viseur dans lequel on peut regarder et lire la mesure et de l’autre, un prisme, sur lequel on dépose notre goutte de liquide à tester. Cette dernière est recouverte d’une plaque qui maintiendra l’échantillon de jus en place. On teste toujours la partie que l’on consomme, c’est à dire que si l’on teste un chou-fleur, on ne testera pas la feuille mais le fruit. Pour certains végétaux dont il est difficile d’extraire le jus, un presse-ail manuel peut s’avérer très utile.

Je ne vais pas rentrer dans les détails techniques de l’appareil car je ne les maitrise pas vraiment, mais basiquement le fonctionnement du système repose sur la mesure de l’indice de réfraction. C’est à dire la mesure et l’interprétation d’une quantité de lumière traversant un liquide. Chacune des substances mesurables par l’appareil, a une influence sur le parcours lumineux et on peut donc en déduire un panels d’informations sur le contenu de l’échantillon testé, saccharose, fructose, vitamines, acides aminés, minéraux, plus le degré Brix sera élevé, plus ces éléments seront présent dans le jus …

www.refractometre.com
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Source www.refractomètre.com

Kay a beaucoup suivi les travaux de Weston Price ( nutrition and physical degeneration), de Sally Fallon ( Nourishing tradition), et nous a mentionné que la plupart des aliments que nous devrions consommer « idéalement » des aliments mesurables au dessus de 12 à 15 degré Brix, alors que la majorité de ceux achetés dans le commerce « conventionnel » atteignent péniblement les 5. Ce qui est assez surprenant, c’est que parfois, des légumes y compris « biologiques », n’indique pas une mesure Brix élevée, ce qui prouve que tout ce qui est bio n’est pas forcément de qualité, raison de plus quand cela vient du supermarché. Avant que tout le monde me jette des pierres : je n’ai rien contre le bio bien fait et local, mais des dérives aujourd’hui sont courantes, je n’apprendrai rien à toute personne informée. Un produit de gout et de qualité aura indéniablement un Brix élevé, ça ne trompe pas…

Il est très intéressant de pouvoir mesurer l’évolution des mesures Brix de ses productions car cela va être un des indicateurs de sa bonne santé, de son éventuelle amélioration. Nous pourrons avoir, en plus de la présence de vie et de la structure du sol, un retour supplémentaire sur la pertinence ou non des stratégies de régénération mise en place. Et du fait que « tout est lié », maxime chère aux permaculteurs, les végétaux à indice Brix faible sont ceux qui sont les plus attaqués par les maladies ou parasites…Les plantes aux Brixs élevés résistent aussi mieux aux gels…

Le cout de l’appareil est assez élevé, environ 70 euros,  mais n’hésitez pas à l’acheter à plusieurs si vous trouvez cet achat intéressant pour vous. Sachez tout de même, que l’étalonnage de cet outil n’est pas compliqué mais doit être fréquemment vérifié afin de ne pas commettre d’erreur de mesure. L’appareil étant à lecture optique, un peu comme une longue vue, il n’est pas non plus nécessaire de vous y essayer si vous avez 1/10eme à chaque œil!

Ne pas hésiter à faire quelque mesures dans différents contextes, de température, de météo, et sur plusieurs échantillons, car elles peuvent varier, cela donnera une idée plus générale.

Un outil de diagnostique intéressant à mon gout, à vous de voir si vous en avez l’utilité ou pas. Les designers et professionnels en permaculture, ainsi que dans d’autres domaines, y verront certainement un moyen supplémentaire d’affiner leurs observations, et de focaliser sur un point aussi important que la réduction des intrants, la qualité de nos productions végétales.

Voici le réfractomètre que j’utilise, vous pouvez le commander par le biais de ce lien, la petite com qu’on touchera donnera un petit coupe de pouce financier au blog.

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