Les travaux de terrassement en permaculture

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Qu’est ce que c’est?

Les premiers éléments auxquels penser lors de l’élaboration d’un bon design sont : les accès, l’eau, les structures-habitats. Ceux-ci impliquent des travaux de terrassement important. S’ils sont correctement réalisés, ces travaux vont permettre de manière passive (sans consommation d’énergie en fonctionnement), de remplir des rôles primordiaux, notamment au niveau de l’eau qui est un élément clé du design de permaculture.
Ces travaux seront réalisés selon leur échelle, de manière manuelle ou mécanique et seront en place pour des générations avec un entretien minimes et on peut vraiment dire qu’ils sont les fondations d’un paysage durable et de l’abondance sur vos lieux…

Pourquoi?

Voici les principales vertus que vont pouvoir vous apporter les ouvrages de terrassement:
– Captage et stockage de l’eau
– Régénération du sol
– Récupération de matériaux de construction (argile, terre végétale, pierre, bois)
– La réduction des besoins en énergie fossiles par leur mode de fonctionnement passif
– La réduction voir l’arrêt de l’érosion des sols
– Recharge des nappes phréatique
– Conduire l’eau vers des points stratégiques qui en manquent, ce qui transformera une terre aride en un oasis de verdure.
– Évacuer les surplus d’eau et atténuer les problèmes dus aux inondations
– Créer des micro-climats
– Etc…La liste est longue!

Comment?

La topo

Ce genre de travaux demande une préparation minutieuse en terme d’observation et de lecture du paysage. Un des premiers principe de permaculture. Vous pouvez commencer par le global en vous servant d’outils comme : géoportail, google-earth, les cartes ign… Pour repérer les vallées, les courbes, bassins versants, surface de captage de l’eau pour vous faire une première idée. Puis sur le terrain ensuite, vous préciserez les éléments, un relevé topographique de votre terrain est pour cela, quasi-indispensable. Pour ce faire, vous avez plusieurs choix : le niveau égyptien que beaucoup de permaculteurs connaissent. Cet outil est très intéressant pour de petits ouvrages et quand vous avez peu de matériel à disposition. Mais il est moins judicieux pour des travaux plus importants, car il a la fâcheuse tendance à déplacer et amplifier les erreurs (1cm d’erreur au départ d’une baissière peu très vite se transformer en 1m sur une baissière de 200m!). Ma préférence va plutôt , dans ce cas, pour un niveau optique, fiable et économe en énergie. Le hic, c’est qu’il faut être deux pour les mesures. Vous pouvez aussi utiliser le niveau à eau, manuel ou électronique. Si vous ne voulez pas vous embêter avec tout cela, vous avez aussi le choix de faire intervenir un géomètre ou un designer.

 

 

 

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Vue aérienne du site

 

 

 

 

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Le même site, carte topographique, les courbes révèlent d’importantes informations

 

 

Et ensuite?

Passez à l’action et selon vos buts et objectifs de design. Et si l’on part du principe que vous avez déjà pris soin de tenir compte des climats-climats, des vents, bordures etc…Il ne vous reste plus qu’à implanter tout ceci en rapport avec la topographie du lieu. La encore, selon les ouvrages et les quantités de terre à déplacer, les outils iront, des mains, pelles et pioches pour un design urbain jusqu’à la pelle mécanique de 25 tonnes pour le design d’une ferme de 20 hectares.
Pour une planification optimale de vos travaux :
Assurez vous une dernière fois que dans votre design, vos accès, mares, baissières, drains etc… soient correctement placés.
Tester le sol à plusieurs endroits et profondeurs différentes selon ce que vous mettez en place pour vérifier que le sol convient bien (utiliser une tarière de 5cm de diamètre). Par exemple un sol argileux pour une mare est quasi indispensable. N’hésitez pas à consulter les anciens et les pros du terrassement locaux, ils sont des mines d’informations.
Piquetez votre site en utilisant le niveau choisit, le décamètre (ou double), et des piquets bien visible pour que le terrassier puisse les voir.
Il est très important de prévoir un emplacement pour la terre végétale. Elle ne doit pas être mélangée avec le reste car elle rejoindra la surface de vos ouvrages une fois terminés pour favoriser la réinstallation et la reprise des végétaux. Gérer vos surplus et profitez de ce moment pour créer vos buttes potagères par exemple.
Stabilisez immédiatement vos ouvrages de manière à : prévenir l’érosion et à éviter de se faire envahir par les “indésirables”. Pour cela prévoyez graines et plantations à l’avance. Couvre-sol, fixateurs azote, espèces pionnières sont les plus adaptés pour cette première étape de plantation.

Une sélection des ouvrages les plus productifs pour vos sites :

Mares et étangs (2):

Quasiment incontournable, il apporte :

-Accueil de biodiversité et d’auxiliaire pour le jardin
-Captage et stockage des eaux de ruissèlement pour l’irrigation
-Support pour l’aquaculture (poissons, crustacés, plantes)
-Création de micro-climat

Les mares et étangs s’installent la plupart du temps sur des dépressions topographiques de manière à capter un maximum des eaux de ruissèlement. Elle peuvent aussi être installées sur un point eau de la propriété de manière à pouvoir bénéficier d’une irrigation gravitaire. Ils peuvent aussi se situer sur une courbe topographique. Une petite mare ne posera pas trop se soucis une plus grande surface exige de nombreuses précautions : la texture du sol, le¨% de pente, la surface de captage et la quantité d’eau déviée, son altitude en rapport avec les autres éléments. Un trop plein sera installé et celui ci peut très bien être une baissière (celle devra alors avoir un trop plein à son tour). Le mur de soutènement de l’étang sera équipée d’une clé (voir schéma) pour éviter l’affouillement, ce mur sera consciencieusement compacté par ouches successives de 20 cm d’argile, ceci est très important pour la solidité totale de l’ouvrage. Vous adoucirez les pentes le plus possible, surtout la pente extérieure du mur, dans un rapport hauteur/largeur de 1/2,5. si vous décidez d’irriguer et que vous avez à placer un tuyau dans celui-ci, il sera équipé de déflecteur anti-fuite car si un filet d’eau s’infiltre à cet endroit, c’est toute votre mare qui va se retrouver par terre en peu de temps. Votre niveau d’eau sera environ un mètre sous le sommet du mur (pensez à remettre de la terre végétale sur le pourtour pour replanter!), et pour éviter l’érosion de vos bordure plantez les rives avec des espèces dédiées ou tapissez vos bordures de pierres.

Pour étanchéifier votre mare ou étang, vous avez plusieurs solutions :

Compaction d’argile par couche de 20 cm, pour les gros ouvrages le bulldozeur est l’outil idéal.
Le Gley, couches dans l’ordre de : fumiers d’animaux (vous pouvez les y faire pâturer un moment avant de mettre en eau), verdure, terre végétale ou mélange, cartons, déchets ou recup éventuelle de tapis, plastiques etc…Tout ceci va fermenter et créer une colle efficace.
La bâche imperméable, très chère et pas très écologique.

Les baissières ( ou swales ou noues d’infiltration 4):

Ce sont des noues installées sur la courbe de topographique, donc toujours de niveau. Le sol est la moins chère et la plus grande citerne de récupération d’eau de pluie que nous ayons à disposition, donc profitons en! Cet ouvrage va donc nous permettre de capter les eaux de ruissèlement (qui s’écoulent toujours de manière perpendiculaire à la pente) et de les infiltrer dans le sol progressivement pour les y stocker. Les talus de celle-ci sont plantés d’arbres et on peut éventuellement y installer une forêt fruitière. Ce talus est très prospère pour les végétaux car ils bénéficient de la présence d’eau quasi-constante et du fait que vous installerez ici couvre –sol utile (phacélie, lupins, angélique, consoude) et de fixateurs d’azote comme (l’accacia, éléagnus etc…). Les distances entre baissières sont très variables selon les précipitations et peuvent aller de quelques mètres à une vingtaine. Toujours le même conseil, pensez à remettre de la terre végétales sur l’ouvrage pour favoriser la reprise et plantez rapidement. A l’inverse de la mare ou de l’étang, ne compactez ni le talus ni la noue, cela freinerait considérablement l’infiltration! Si bon vous semble et que votre design le permet vous pouvez inonder volontairement certaine partie de baissière pour y cultiver : plantes aquatiques, écrevisses etc…Vous pourrez y installer, alors des mini-mares, avec des pneus de récup par exemple.

Le drain ( drain de déviation)(5)

Il est aussi très utile car il va vous permettre de déplacer l’eau la ou elle nous est nécessaire : mares, bambous, haies brise-vent, baissière etc…). Il permet aussi d’évacuer l’eau du pourtour des structure comme les maisons d’habitations ou elle n’est pas désirée. Fréquemment, il s’agit d’une tranchée remplit de cailloux concassés non-calcaire, d’un tuyau et d’un géotextile. Je ne met les géotextile et le tuyau que quand la tranchée est recouverte de terre végétale, près des habitations, cela réduit un peu la dépense énergétique. Le drain est en pente légère car on veut ici déplacer l’eau mais 1 ou 2% suffiront amplement. Le drain est très intéressant pour capter l’eau d’une surface dure et l’emmener vers une surface tendre un des principes de la gestions écologique de l’eau : l’eau d’une route ou d’un chemin (dur donc bonne surface de captage) vers un potager (tendre et infiltrant). Si votre terrain est gorgé d’eau et que vous en avez trop, le drain est aussi un moyen de l’éloigner et de l’amener vers une zone perméable. Dans ce cas vous tapisserez le fond de la tranchée de cartons, moquettes, tapis de récup, qui favoriseront l’infiltration latérale par succion. Vous pouvez aussi dans ce cas planter votre tranchée d’infiltration de gros consommateur d’eau qui vous aideront dans votre tâche tout en vous produisant de la biomasse ( saule par exemple qui vous produira : bois de chauffage, mulch, brf, osier).

Le gabion et piège à silt (1):

Le gabion est un mur de pierre, très souvent dans une cage en grillage, installé perpendiculairement à l’écoulement des eaux.Il est la plupart du temps utilisé dans les climats secs, voir aride. Il permet de stopper l’érosion des sols, les sédiments venants s’accumuler contre lui. Le gabion piège alors, au fil des inondations ou des pluies importantes, d’énormes quantités de sédiments. Ces couches de sédiments se superposent jusqu’à atteindre le haut du muret et à former une terrasse. Une fois cette terrasse formée, elle sera ombragée par une plantation d’arbres sur ses bordures. Plusieurs gabions successifs sont possibles et ils existent sous de nombreuses formes. Le cout d’une installation comme celle_ci est dérisoire et à permis de transformer des lieux arides en oasis luxuriant et ce, en quelques années. Il est assez facile de fabriquer un gabion, voici une méthode possible :

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Fabrication des cages en grillages, n’oubliez pas les intercalaires.
Source Milkwood Permaculture

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Remplissage avec des cailloux, source Milkwood Permaculture

J’espère que vous aurez appréciez cet article et qu’il vous aidera à réaliser vos travaux. A bientôt.

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