Auto-construction d’un poêle de masse : le rocket stove

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Voici le témoignage et l’œuvre de Jean-Jacques qui est venu nous voir lors d’un stage autoconstruction d’un poêle de masse de type rocket-stove, sympa d’avoir un retour de sa propre expérience, je lui laisse la parole :

Dans le cadre de notre projet d’auto-construction d’une maison en paille type Greb, nous avions décidé de privilégier au maximum les matériaux locaux, naturels et recyclés.

Pour le poste chauffage ( nous sommes dans le Doubs à 700m ….! ) j’ai découvert le Roket Stove via internet et décidé de m’en fabriquer un. Après avoir acheté le livre incontournable de Pascal Burnet, il me manquait la pratique.L’occasion s’est présentée au mois de novembre 2011 de faire un stage Roket pendant une semaine, animé par Benjamin Broustey et, cerise sur le gateau, avec la participation de Bernard Alonso comme animateur permaculturel. Un pur régal avec plein de gens passionnés et heureux de partager.

Six mois plus tard, j’ai entrepris le notre avec l’aide de Gauthier et Benoit, 2 amis que Aude et moi avons rencontré lors du PDC de Bernard au Bec Héllouin en avril. Après les calculs indispensables, j’ai monté mes briques à sec à l’extérieur, ce qui m’a permis de valider le rapport entre les cotes du poêle et le tuyau d’évacuation. Les flammes montaient sur une grosse moitié de la cheminée et ce, avec des prises d’air partout. J’avais récupéré des briques qui n’étaient pas toutes identiques.
Ces même briques m’ont servi à monter le mur derrière le roket qui donne sur la salle de bains et qui aura 4 fonctions: cloison, mur d’inertie, radiateur salle de bains et décor.
Après le traçage au sol, au mur et le positionnement du tuyau avec une pente ascendante de 1 à 2  cm / mètre, nous avons démarré la maçonnerie des briques. J’en disposais à profusion, donc elles ont servi aussi pour la banquette. J’ai choisi de ne pas isoler sous la chambre de combustion pour privilégier le chauffage de la dalle de 10 cm en béton (beurk…) sur un hérisson de 40 cm. La liaison entre le poêle et la banquette a été faite avec un boisseau en brique à l’intérieur parfaitement lisse qui trainait par là !!!

J’adore ces moments de pur bonheur ou j’ai besoin de je ne sais pas quoi et qu’en regardant autour de moi, je le trouve. Ce boisseau est rentré au millimètre dans l’espace ou il était fait pour aller. Il ne me restait plus qu’à faire une trappe de visite et le tour était joué. Le mortier pour le poêle a été fait au malaxeur et la plus grosse partie, pour la banquette, avec une petite bétonnière électrique. La terre provient du trou pour l’assainissement par les plantes juste à coté de la maison. Je suis un peu partisan du moindre effort …!
En ce qui concerne l’habillage du bidon, je n’ai pas renforcé le mortier pailler avec un treillis métallique. Je laisse fissurer gentiment et reboucherai plus tard. Si ça re-fissure, je mouille, j’enlève et je refais avec un treillis !!!


En conclusion, on a pris un super pied à faire ce « truc » hors du commun qui interpelle bien nos visiteurs. C’est beau, ça ronronne, des matériaux naturels et pas cher ( les tuyaux, un peu de sable et du petit bois de récup. pour le feu ). Je le laisse sécher tranquillement et j’habillerai le devant de la banquette avec des planches ajourées et un futon sur l’assise.
On en est presque à se dire, vivement cet hiver ….!
Merci pour ce retour et vraiment du beau boulot, jean-jacques!!!

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