La citerne à légumes

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Rappelez vous que dans un design de permaculture « chaque élément doit avoir au moins trois fonctions si possible », ceci est un des principes fondamentaux de la permaculture.

Dans cet article vous allez pouvoir voir de quelle manière on peut alimenter un jardin ou autre élément,  en eau, tout en fournissant fruits et légumes, ainsi que d’autres fonctions.

Les « tonnes à eau », couramment utilisées pour récupérer l’eau de pluie, ont des dimensions assez importantes (à peu près 1m3). Ils sont consitués de polyéthylène haute densité, ainsi que d’un cadre en acier galvanisé posé sur une palette. Ils sont généralement utilisés pour le transport de nourriture ou d’autres liquides, comme la colle. Faites donc attention à leur ancienne utilisation avant de vous en servir. On trouve aujourd’hui à peu près partout ce genre de contenants et vous en avez surement déjà croisé ou vu autour de vous.

L’idée de base vient du fait que ces contenants peuvent craindre les uv, et au bout d’un moment se détériorer. Partant du principe de permaculture vu précédemment : « chaque éléments doit avoir plusieurs fonctions », il était évident que simplement protéger la cuve était insuffisant, il fallait que cette protection aie d’autres fonctions. La matière (ressource),  la plus disponible sur place pour recouvrir l’ensemble, était la terre végétale (ça tombe bien, il me semble que l’on peut faire pousser des choses la dedans, non?).

A la manière d’un designer réfléchissons aux multiples fonctions que pourraient avoir cette citerne:

  1. Stockage d’eau, la fonction première que nous souhaitions obtenir avec cet élément, en allant chercher l’eau (énergie) le plus haut possible, près de sa source (autre principe fondamental de permaculture). De manière à pouvoir ensuite utiliser la gravité pour distribuer cette eau.
  2. Brise vent/Mur du jardin/clôture, le jardin est un environnement relativement sensible aux forts vents, qui favorise la sécheresse et l’érosion, les brise-vent y sont les bienvenues et créateurs de micro-climats. Ils peuvent très bien convenir aussi comme clôture ou mur sur une des faces les plus ventées du jardin.
  3. Plates bandes surélevées, en mettant de la terre végétale sur le dessus de la citerne, l’endroit est idéal pour cultiver : a bonne hauteur, moins d’adventices, à l’abri des prédateurs terrestres comme les lapins par exemple.
  4. Stockage de chaleur. L’eau est une substance unique qui me passionne sous toute ses formes. Elle va pouvoir stocker à poids et volume égal, l’eau peut stocker près de 4 fois plus de chaleur que la pierre ou l’argile, qui sont des matériaux déjà très inertiques. Sachez pour chaque degré de chaleur gagnée dans la citerne, l’équivalent d’1kwh de chaleur y est stocké (ce qui correspond à 20 mn d’utilisation d’un ventilateur de 3000 watts!). Cette fonction va nous permettre, de stocker la chaleur du jour ou du soleil, pour la restituer la nuit ou dans les journées plus froides. Au jardin c’est une aubaine : germination hâtive, meilleures croissance, atténuation des effets du gel, donc prolongation de la durée de récolte etc…Il est d’ailleurs courant chez les permaculteurs de retrouver ces citernes dans les serres, en rapport avec cette fonction.
  5. Microclimat, comme vu précédemment, mais aussi pour les plantes poussant sur la citerne! La face nord de la citerne peut très bien servir  aux plantes aimant l’ombre, s’attachant au treillis métallique. Les faces sud-est-ouest recevront elles aussi des plantes adaptées à l’ensoleillement et aux conditions.
  6. Irrigation et alimentation des animaux, avec le système de votre choix, goutte à goutte, arrosoir, inondation volontaire, etc…Il est aussi possible d’utiliser une mèche pour irriguer les plantes installées au dessus. La mèche étant un système assez connue et transportant l’eau par capillarité jusqu’à vos plantes, en défiant la gravité, encore la magie de l’eau…

Inconvénients?

Les limaces adorent ces citernes, elles sont toujours humides, y compris dans la saison sèche. Si vous en avez, il faudra alors trouver une parade pour les faire déguerpir, de la chaux en barrière à la base, une barrière physique infranchissable peut aussi être envisagée.

Pendant les mois froids et peu lumineux, le dessus des citernes sera très exposé, veillez donc à protéger ces zone pendant ces périodes.

A vous de jouer, maintenant, d’expérimenter, d’améliorer cette technique, et surtout de comprendre la réflexion qui a amené à ce résultat, et de la reproduire à de nombreux autres éléments de votre design ou lieu!

Ce travail a été réalisé par Tony Martin, permaculteur anglais, tony@veronicathecow.co.uk et a été agrémenté de quelques réflexion personnelles.

 

 

 

 

 

 

 

 

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