Tout sur la chauve-souris, de la pipistrelle à la noctule : particularités, cycle de vie, nourriture…

Tout sur la chauve-souris, de la pipistrelle à la noctule : particularités, cycle de vie, nourriture…

Les chauves-souris sont tout de même des bestioles étranges, et vraiment, elles ne font rien pour qu’on les apprécie. Elles vivent la nuit, se déplacent dans le noir complet, volent alors qu’il s’agit de mammifères, dorment la tête en bas dans des grottes, peuvent former des colonies impressionnantes par leur nombre, ont quelques espèces dans leur rang qui se nourrissent de sang, mais surtout, les chauves-souris ont une sale gueule !

Ajoutez à cela un nom composé, mélange d’un « chauve » (pourquoi pas), et d’une « souris » : une famille à la réputation peu enviable à cause de sa capacité de prolifération, des dégâts occasionnés aux cultures, et des lieux insalubres qu’elle affectionne. Franchement, le cocktail parfait pour inspirer la peur et la méfiance.

La chauve-souris est une véritable alliée dans un jardin en permaculture. De la pipistrelle à la noctule, découvrez les particularités, habitudes de vie, nourriture, reproduction de ces chiroptères protégés en France depuis 1976…

Longtemps détruites volontairement, la raréfaction des chauves-souris aujourd’hui, due à des causes multiples, laisse indifférent la majeure partie d’entre nous. On aura plutôt tendance à poser un nichoir pour la mignonne petite mésange bleue, qu’un gîte pour ces affreuses chauves-souris.

Et pourtant, être capable de voler avec ses mains, de voir avec ses oreilles dans le noir absolu, de se réunir entre femelles dans des nurseries pour élever les jeunes, d’avoir un rôle écologique clé : se nourrir des insectes nocturnes, de s’accoupler à l’automne alors que la fécondation a lieu au mois de mai… les rendent passionnantes.

Nous allons donc tenter de pénétrer dans le monde mystérieux des chauves-souris, ou chiroptères, même si les scientifiques avouent ne pas avoir percé tous les secrets de ces animaux fascinants.

 

Description de la chauve-souris ou chiroptère

Un mammifère…

Les chauves-souris sont des mammifères, elles sont dotées :

  • d’une colonne vertébrale
  • d’une respiration pulmonaire
  • d’une température constante.

Mais surtout :

  • elles sont recouvertes de poils.
  • elles nourrissent leurs jeunes avec un lait produit par des glandes cutanées spécialisées, les glandes mammaires, d’où le nom de la famille : les mammifères.

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 …mais pas un oiseau, même si elle vole

Le fait de voler ne leur permet donc pas de prétendre faire partie de la famille des oiseaux, tout aussi respectable, mais avec des caractéristiques différentes que n’ont pas les chauves-souris :

  • écailles sur les pattes
  • bec dépourvu de dents
  • plumes
  • et le fait de pondre des œufs.

Cependant, le fait de voler et de posséder des ailes est l’une des caractéristiques qui rassemble les chauves-souris au sein du groupe des chiroptères. ‘’Chiro-‘’ signifiant « main » (comme dans chiropracteur) et ‘’-ptère’’ signifiant « ailes », les chauves-souris sont donc capables de voler avec leurs mains.

L’autre élément distinctif de ce groupe, c’est l’écholocation, une copie du sonar des dauphins qui permet aux chauves-souris de voir avec leurs oreilles dans l’obscurité totale.

Les ailes des chauve-souris

Les ailes des chauves-souris ne sont pas constituées de l’ensemble du bras comme chez les oiseaux, au travers duquel on aurait tendu une membrane, mais uniquement de la main, d’où le nom du groupe des chiroptères.

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Les phalanges, à l’exception du pouce, sont particulièrement démesurées et liées entre elles par une membrane élastique, résistance et capable de se régénérer :  le patagium. C’est lui qui permet la portance dans les airs, mais pas que…

Le patagium comme protection contre le froid et le chaud

Les ailes des chauves-souris ont également un rôle de protection contre le froid et le chaud.

  • L’hiver, certaines espèces s’enveloppent dans leurs ailes comme un randonneur perdu à la tombée de la nuit dans sa couverture de survie.
  • L’été, la chauve-souris doit pouvoir réguler sa température interne lorsque la chaleur estivale s’installe. Dépourvue de glandes sudoripares pour transpirer comme l’homme, et d’une grosse langue baveuse pour haleter comme le chien, c’est par son patagium que la chauve-souris va faire descendre sa température corporelle.

Cette membrane fine très vascularisée permet d’extraire la chaleur corporelle vers l’extérieur. C’est l’une des raisons pour laquelle le Fennec, renard du désert, possède des oreilles démesurées qui, très vascularisées, ont la même fonction. Et pour ceux qui n’ont jamais croisé de Fennec ni de chauves-souris de près, la grille derrière votre frigo a exactement la même fonction : grande surface d’échange avec l’extérieur pour extraire la chaleur qui se trouve à l’intérieur, seulement, le thermostat est réglé un peu bas par rapport à celui des chauves-souris…

Les pattes arrière

Les pattes arrière ne sont pas dépourvues d’intérêts, certaines chauves-souris se déplaçant avec agilité sur le sol, sur les troncs d’arbres et les charpentes des maisons.

Quand elles se suspendent la tête en bas, en journée l’été et toute la période d’hibernation, leur poids exerce une traction sur des tendons qui maintiennent les griffes en position d’accrochage. Elles ne dépensent donc aucune énergie, même pendues pendant de très longues périodes. Il arrive souvent, d’ailleurs, de retrouver des chauves-souris mortes suspendues dans leur gîte la tête en bas, comme si de rien n’était.

L’écholocation ou écholocalisation

Les chauves-souris ne sont pas aveugles, leur vue est tout à fait fonctionnelle, mais c’est l’un de ses sens le moins performant, l’ouïe et l’odorat étant particulièrement développés. Cela va de soi. Les caractéristiques de la vie nocturne qu’ont choisie les chiroptères, sont dominées par une faible luminosité limitant la vue, et peu de brouhaha permettant d’affiner l’ouïe et d’entendre le moindre battement de papillon pouvant servir de dîner.

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La vue est donc utilisée lors de déplacements en terrains connus un peu comme nous sommes capables, dans la pénombre de la nuit, d’aller boire un verre d’eau. En terrains inconnus ou en actions de chasse, il s’agit d’être plus précis et d’agir plus rapidement, la vue n’est donc pas suffisante, un peu comme si nous tentions de tuer une mouche dans la pénombre de la nuit même après avoir bu un bon verre d’eau.

La chauve-souris a mis en place l’écholocation ou écholocalisation difficile à appréhender pour nous qui en sommes totalement dépourvus. Cela consiste à émettre des sons ou ultrasons et à écouter leur écho pour localiser les éléments d’un environnement, proies ou obstacles.

Un certain nombre de cétacés en sont également équipés, et l’homme, avec son sonar, en a créé une pâle imitation. C’est également le fonctionnement des radars routiers avec des ondes radios et quelques adaptations : émission d’ondes, réception d’échos, émission d’amende, réception d’argent… je préfère les chauves-souris…

Cycle de vie de la chauve-souris

La sortie de l’hiver et l’arrivée du printemps

C’est à la sortie de l’hiver, au mois de mars-avril, selon la météo et la situation géographique, que les chiroptères recommencent tous les soirs, inlassablement, leur balai aérien. Comme l’hirondelle est le symbole du « retour des beaux jours », la chauve-souris est celui du retour « des belles nuits ». J’attends les unes avec autant d’impatience que les autres.

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Après s’être dégourdies les ailes et les pattes, et s’être « requinquées » pendant un mois, les femelles se regroupent dans des nurseries où vont avoir lieu fécondation, gestation, mise bas et élevage des jeunes. L’accouplement ayant eu lieu à l’automne, les mâles sont exclus et vivent isolés. Chacun a donc rejoint ses quartiers d’été.

Les mâles utilisent des gîtes sommaires pour se reposer la journée pendant la belle saison.  C’est donc eux qu’il sera facile d’attirer au jardin, pour nous aider à lutter contre certains insectes un peu trop… « collants ».

L’été, une période active pour les femelles chiroptère

Création de la nurserie

Les femelles, quant à elles, choisissent avec minutie le lieu de leur nurserie pour élever leur petit. Il doit répondre à des critères précis et variables d’une espèce à l’autre :

  • température
  • humidité
  • ventilation

il s’agit souvent d’un lieu plutôt sombre, trés tranquille, avec une température plutôt agréable : grenier, clocher d’église, bardage, tronc d’arbres.

Ces lieux aux conditions multifactorielles sont impossibles « à imiter » avec de simples nichoirs. Ainsi, la destruction d’une de ces colonies est une perte irrémédiable pour la biodiversité et pour vous, jardiniers, qui perdez à la fois une armée de soldats prête à en découdre avec les insectes appréciant un peu trop votre potager en permaculture, et un engrais inégalable : le guano.

Le bébé chauve-souris

Les chauves-souris donnent naissance à 1, exceptionnellement 2, petit(s) par an : leur fécondité est très faible. Cela peut s’expliquer par un nombre de prédateur limité, l’élevage par un seul parent, et, est compensé par une grande longévité. La fertilité de la chauve-souris est donc comparable à la nôtre et n’a rien à voir avec celle, prolifique et parfois inquiétante, des souris, même si elles partagent avec elles une partie de leur patronyme.

Le petit peut peser le tiers du poids de sa mère à la naissance. C’est énorme, et en même temps une jeune chauve-souris nouvellement née, ne pèse pas 2 grammes et à la taille d’une grosse abeille pour la pipistrelle par exemple. Les jeunes sont allaités jusqu’à leur émancipation au bout de 4 à 6 semaines ce qui coïncide avec la fin de l’apprentissage du vol et ainsi la possibilité de se nourrir seul. N’ayant pas de réserves, et peu d’expérience, les jeunes sont particulièrement vulnérables à ce moment de leur vie, où les conditions météo peuvent être redoutables. On estime que moins de la moitié arrive à passer avec succès cette étape.

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Lorsque les femelles sortent pour se nourrir, elles laissent leurs nouveau-nés qui s’agglutinent les uns contre les autres pour limiter les pertes caloriques (thermorégulation sociale). Cela ne les empêche pas de retrouver, à leur retour, chacune le leur et de n’allaiter que lui.

En cas de dérangement d’une colonie, les femelles peuvent emporter leur petit en vol et ainsi changer de nurserie.

L’automne, la période de l’accouplement

A l’approche de l’automne, mâles et femelles se regroupent pour l’accouplement. Phénomène assez rare dans le monde animal, la fécondation est différée au mois de mai suivant pour permettre au jeune de voir le jour dans une période propice à sa survie. On retrouve un phénomène analogue chez le chevreuil.

L’hiver, le temps de l’hibernation

Enfin, il est temps de songer à faire des stocks pour la saison hivernale à venir. A cette occasion, les réserves emmagasinées par les chauves-souris peuvent représenter un tiers de leur poids. Après quoi, il est grand temps de rejoindre les quartiers d’hiver pour une hibernation de plusieurs mois où toutes les fonctions de leur organisme tournent au ralenti à l’image de la respiration qui passe, de 4 à 6 mouvements respiratoires par seconde, à des apnées pouvant durer 1 h, 1h 30. La température du corps n’est que de quelques degrés au-dessus de la température ambiante. Les quartiers d’hiver sont donc comme les nurseries, choisis avec minutie :

  • lieu hors gel
  • température relativement stable
  • hygrométrie élevée (pour ne pas détériorer la membrane de leurs ailes, le patagium)

Il s’agit donc le plus souvent de grottes, anciennes mines, caves accessibles et parfois de gros arbres creux à condition que leurs parois fassent plus de 10 cm d’épaisseur. Ces quartiers d’hiver peuvent être partagés par plusieurs espèces, ce qui n’est pas le cas dans les nurseries qui restent monospécifiques.

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Pour éviter des hivers trop rudes, certaines chauves-souris migrent pour hiberner plus au Sud, par exemple de la Pologne au lac Léman, de la Suisse à la région de Valence. Cela dépend des espèces et même parfois de la répartition géographique à l’intérieur d’une même espèce : celles du Nord migrent, pas celle du Sud.

Il arrive que certains hivers cléments dans les zones les moins rudes, côtes atlantiques et méditerranéennes, les chauves-souris troquent « l’hibernation » contre un « état de dormance » lors des quelques semaines les plus rudes.

Enfin, il est possible que les chauves-souris se réveillent pendant la période hivernale, les obligeant à remettre en route l’ensemble de leur machinerie. Cela nécessite une quantité d’énergie non négligeable épuisant les réserves de l’animal plus rapidement que prévu. Souvent causé par des dérangements comme des contacts légers, un éclairage prolongé ou des photos avec flash, cela peut leur être fatal. Naturellement, il arrive que les chiroptères sortent de leur léthargie pour voler dans leur gîte, uriner, déféquer, voire boire et manger selon la période. Dans ces cas-là, ces réveils sont rarement meurtriers.

Nourriture de la chauve-souris

Les chauves-souris sont insectivores

En France, et même en Europe, toutes les chauves-souris sont insectivores. Leur mode de vie leur permet d’avoir accès à une nourriture qui n’est, ni accessible par les autres mammifères bêtement cloués au sol, ni par les oiseaux ronflant sur une branche lors du festival des insectes nocturnes. Seul le hibou petit duc et l’engoulevent d’Europe sont « sur le même créneau ». Ce mode de vie permet également et, pour les mêmes raisons, de limiter le nombre de prédateurs, faisant ainsi d’une pierre deux coups. La chouette effraie, la chouette hulotte, parfois la fouine…prédatent les chauves-souris sans jamais menacer l’existence de ces petits mammifères ailés.

Le type de proies, la technique de chasse et les lieux de chasse différents d’une espèce à l’autre et permettent ainsi à plusieurs espèces de pouvoir partager le même lieu. En milieu forestier par exemple, certaines espèces chassent dans la forêt, d’autres à la lisière et enfin certaines au-dessus de la canopée.

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Avant d’aller chasser, les chauves-souris ont pour habitude de survoler rivières, lacs ou étangs où elles boivent en effleurant la surface de l’eau comme le font les hirondelles.

Il est possible d’observer des chauves-souris chasser en plein jour surtout au printemps et à l’automne. Cela est dû à la rareté des proies à cette époque de l’année.

La chauve-souris part en chasse

Avant de sortir du gîte et au retour de la chasse, les chauves-souris ont, comme leur nom ne l’indique pas, un point commun avec … les chats. Elles font leur toilette de manière minutieuse, léchant leurs ailes en les enduisant de sécrétions grasses produites par leurs glandes faciales pour maintenir leur souplesse. Le pelage est peigné avec les griffes postérieures elles-mêmes léchées et nettoyées à intervalles réguliers comme le chat lèche sa patte pour se nettoyer la face et derrière les oreilles. Attendrissantes les affreuses, non ?

Les proies les plus petites sont attrapées directement avec la gueule, les plus grosses comme les papillons de nuit sont rabattues par l’uropatagium (le patagium au niveau de la queue) et par les ailes si les proies tentent de fuir.

Les canines bien développées permettent de transpercer la carapace de chitine des insectes, qui sera ensuite broyée par les molaires. Les ailes et les pattes des insectes ne sont pas consommées et leur accumulation peut être des indices de présence de chauves-souris.

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Les chiroptères consomment en une nuit l’équivalent du tiers de leur poids, soit 900 équivalents moustiques, ce qui permet de ne pas transformer vos soirées barbecue en enfer. Non spécialisées, elles ne font pas le tri parmi les insectes nocturnes et consomment « ce qui se présente » ayant ainsi un vrai rôle de régulateur des populations d’insectes nocturnes qui ont tendance à pulluler. Au menu, un certain nombre de papillons de nuit dont beaucoup d’espèces se développent aux dépens des cultures : vergers, potagers, vignes…

Les chiroptères sont donc des alliés du jardinier, au même titre que les oiseaux du jardin : votre potager en permaculture est donc protégé 24h/24 si vous invitez tout ce petit monde, et décidez d’en prendre soin. Cela vous évite :

  • l’utilisation de produits dangereux pour le sol, l’eau et la nature en général
  • l’achat onéreux de ces poisons
  • le risque pour votre santé lors de leur utilisation
  • la perte de temps pour traiter chaque recoin du potager.

L’exemple de la noctuelle

Évoquons pour exemple la noctuelle, et sa larve le vers gris, friande des légumes du potager et des plantes d’ornement. Au menu : les jeunes plantations de betterave, poireau, pomme de terre, carotte, persil, fraisier et bien d’autres encore. Ces chenilles terricoles agissent, comme leur nom l’indique, au niveau du sol, c’est à dire au collet de la plante, zone intermédiaire entre la tige et la racine. Elles s’alimentent des racines naissantes dans cette zone, entraînant le flétrissement du plant. Puis, elles se déplacent sur le rang. Pour ne pas éveiller les soupçons, les fourbes travaillent la nuit et se cachent la journée. Comme ce sont surtout les jeunes plants qui sont attaqués, on s’accuse à tort d’avoir été négligeant sur l’arrosage…

Il est important de préciser que la noctuelle, papillon de nuit, et sa larve le vers gris, (en fait, une chenille) n’est pas une espèce, mais un groupe d’insectes aux mœurs plus ou moins identiques constitué de plus de 750 espèces (pas toutes dans votre jardin, je vous rassure).

Sachant qu’une seule femelle peut pondre 1500 œufs au mois de juin sur les feuilles ou au pied des plantes, et que si les conditions sont favorables, il peut y avoir 1 ou 2 générations, inviter les chauves-souris au dîner peut avoir son intérêt.

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Ces insectes qui défient les chauve-souris

Rappelons que c’est l’écholocation, qui consiste à émettre des sons ou ultrasons et à écouter leur écho, qui permet aux chauves-souris de localiser les proies. Et bien figurez-vous que quelques espèces d’insectes, mais pas la majorité je vous rassure encore, ont mis en place des stratégies d’évitement. 

La première consiste à se laisser tomber au sol, lorsque l’insecte détecte la présence d’une chauve-souris. Du coup, plus rien sur le radar, en particulier si l’insecte reste immobile ce qu’il n’oublie pas de faire. Lorsque le danger est passé, l’insecte reprend le cours de sa vie…

La seconde, plus technique, consiste à émettre à son tour des ultrasons lorsque l’insecte détecte la présence d’une chauve-souris. Du coup, l’image radar est brouillée et ne permet pas d’identifier ni de localiser précisément la proie.

Menaces sur les chauves-souris

A ce jour, il a été dénombré 1200 espèces de chiroptères de par le monde, dont 34 en France.

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On estime avoir perdu les ¾ des populations depuis les années 50. Les raisons de cette hécatombe ne manquent pas. Dans le désordre :

  • utilisation des pesticides
  • suppression des haies
  • pollution lumineuse
  • densification du réseau routier
  • réfections des églises
  • aménagements des combles
  • traitements des charpentes
  • disparition des vieux arbres
  • obturation des caves
  • suppression de la moindre fissure dans le bâti
  • rénovations des ponts
  • éclairage des monuments
  • prédation par le chat
  • disparition des zones humides
  • artificialisation des cours d’eau
  • abandon du pâturage extensif…

Toutes ces causes sont d’origine humaine…Finalement, la noctuelle est une petite joueuse…

Protection des chiroptères

Au niveau international, européen, et national, les chauves-souris bénéficient d’un régime de protection total. Pour n’évoquer que le dernier niveau, depuis 1976, en France, toutes les chauves-souris, leurs quartiers d’hiver et leurs quartiers d’été sont protégés.

Superstitions ou autres croyances sur les chauves-souris

Les chauves-souris peuvent-elles se prendre dans nos cheveux ?

J’ai déjà eu des témoignages du type « heureusement que j’ai eu le réflexe de me baisser, sinon, elle finissait dans mes cheveux » … Il arrive en effet, lorsque vous êtes dans la zone où une chauve-souris évolue, qu’elle vous contourne « au dernier moment ». Rien de grave, c’est que son écholocation est un système de guidage très performant et surtout que votre vue médiocre dans la pénombre a mal évalué les distances : elle n’était pas si près que ça…

Les chauves-souris causent-elles des dégâts ?

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Je vous le rappelle, les chauves-souris ne sont pas des rongeurs. Elles n’y sont pour rien si elles partagent le patronyme des souris : elles ne rongent pas les câbles, ne détruisent pas l’isolation des bâtiments, ne construisent pas de nid où elles accumulent des matériaux divers et ne se multiplient pas comme des lapins (autres rongeurs).

Le seul inconvénient, vite transformé en avantage, c’est le dépôt de guano qui rappelons-le se vend dans le commerce une fortune. Une bâche posée au sol à l’aplomb du gîte, et le tour est joué.

Le guano peut-il transmettre des maladies ?

Le guano ne représente aucun danger en Europe, ce n’est qu’associé à un champignon et les conditions de son développement que l’on retrouve dans les régions tropicales : chaleur et humidité, que l’on peut contracter l’histoplasmose.

Les chauves-souris sucent-elles le sang ?

Toutes les chauves-souris d’Europe sont insectivores. 3 espèces seulement (cantonnées en Amérique du Sud) sur les 1200 espèces au total se nourrissent du sang des animaux. Rappelons que les moustiques aussi, et qu’on ne les trouve pas effrayants pour autant, juste pénibles…

Les chauves-souris transmettent-elles la rage ?

2 espèces de chauves-souris sur les 34 espèces françaises peuvent être porteuses de la rage qui se transmet par la salive, généralement après morsure. Une chauve-souris contaminée est affaiblie. Elle ne mordra que si elle se sent en danger, par exemple si on la manipule. C’est pourquoi il est préférable de porter des gants en cuir épais lorsque l’on souhaite manipuler une chauve-souris qui semble en détresse. Pour ceux qui seraient tentés d’appliquer le principe de précaution en éliminant tout ce petit monde porteur potentiel de la rage, rappelons que les chiens font partis de la liste et que l’on a plus de risques de se faire mordre par Médor que par une chauve-souris. Et pourtant, personne ne souhaite appliquer de décision radicale à nos fidèles compagnons à 4 pattes… alors pourquoi faire une exception pour les chiroptères.

La chauve-souris… partenaire du jardinier en permaculture

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Au dire des scientifiques, il reste encore de nombreux mystères autour du mode de vie des chauves-souris… mais ce dont on est sûr aujourd’hui :

  • elles sont inoffensives.
  • elles ne provoquent aucun dégât sur les lieux qu’elles fréquentent.
  • elles ont un rôle écologique clé sur la régulation des populations d’insectes nocturnes.
  • elles produisent un engrais inégalable.
  • elles ne sont pas bruyantes.
  • elles vivent la nuit, ne nous dérangent pas…
  • elles ont des capacités physiques (hibernation, écholocation…) captivantes
  • elles ont des mœurs (fécondation différée, élevage des jeunes en nurseries…) étonnantes

À vous donc de changer de regard sur ces mammifères, qui je vous l’accorde n’ont pas gagné de concours de beauté, de restaurer leur milieu de vie, de poser des nichoirs, de laisser libre accès au grenier… pour leur plus grand plaisir, le mien, et celui de votre jardin.

Sébastien Lazzaroni

Sébastien Lazzaroni

Naturaliste de terrain depuis l'enfance, Sébastien Lazzaroni est un amoureux de la faune et de la flore sauvage. Il explore, observe, recense et préserve la nature sauvage grâce à la confection et la pose de nichoirs et d’aménagements divers. Ancien professeur de biologie, il partage, avec pédagogie, son expérience au travers de conférences pour comprendre, d’ateliers pour agir, d’articles et de plans de fabrication de nichoirs sur son blog colocaterre, dédié à la biodiversité. Il conseille également les particuliers et les professionnels dans la mise en place de stratégies pour accueillir la biodiversité et en faire une alliée du jardin, du potager, des cultures, des vergers et de la douceur de vivre.

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A propos de l'auteur

Sébastien Lazzaroni

Naturaliste de terrain depuis l'enfance, Sébastien Lazzaroni est un amoureux de la faune et de la flore sauvage. Il explore, observe, recense et préserve la nature sauvage grâce à la confection et la pose de nichoirs et d’aménagements divers. Ancien professeur de biologie, il partage, avec pédagogie, son expérience au travers de conférences pour comprendre, d’ateliers pour agir, d’articles et de plans de fabrication de nichoirs sur son blog colocaterre, dédié à la biodiversité. Il conseille également les particuliers et les professionnels dans la mise en place de stratégies pour accueillir la biodiversité et en faire une alliée du jardin, du potager, des cultures, des vergers et de la douceur de vivre.

6 Commentaires

  1. Avatar

    Excellent article, plein d’humour et de connaissances passionnantes merci à vous de les partager avec de pauvres néophytes!,

    Réponse
  2. Avatar

    Bonjour, article très intéressant. Je ne regrette pas d’avoir autoriser mes voisins à mettre des gîtes dans mes pins. Belle journée

    Réponse
    • Sébastien Lazzaroni

      Bonjour, je ne regrette pas non plus que vous ayez accepté d’acceuillir « ces affreuses ». merci

      Réponse
  3. Avatar

    Un grand merci pour ce bel article très instructif, j’ai appris beaucoup de choses sur ces animaux ! Ça m’a donné envie de me pencher sur la réalisation d’un gîte à chauve-souris 🙂

    Réponse
    • Sébastien Lazzaroni

      bonjour, vous pouvez vous lancer… ou attendre l’article « comment accueillir les chauves souris »… qui sortira prochainement.

      Réponse
  4. Avatar

    Merci pour tout ce que vous nous apprenez. C’est une richesse inouïe d’avoir accès à tout cela.

    Réponse

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