BRF de saule – le meilleur paillage pour un jardin en permaculture ?
Le BRF ou Bois Raméal Fragmenté est une technique particulière qui se pratique de novembre à mars et à ne pas confondre avec du simple broyat de bois.
Idéal en paillage (mulch en permaculture), le BRF donne des sols pleins de vie.
Membre des formations en permaculture du Bureau d’études Permaculture Design, Stéphanie pratique la permaculture depuis plusieurs années dans son jardin ouvert au public près de Guérande !
Elle y expérimente notamment l’utilisation du BRF de saule en paillage avec de belles réussites qu’elle nous partage avec enthousiasme !
Découvrez l’expérience de Stéphanie et son utilisation du BRF de saule dans la vidéo ci-dessous👇 👇👇
⚠️ Vous pouvez mettre la vidéo en plein écran pour plus de confort, et activer les sous-titres pour nos amis mal entendants, ou alors si vous êtes au travail ou dans les transports bande de coquins 😉😂.
Ci-dessous retranscription de la vidéo
Le saule, une plante géniale pour son jardin et pas que pour le BRF
Je choisis cette plante parce que je crois que tout le monde en a, tout le monde la connait et on peut la trouver facilement.
Comme elle est très ubiquiste, on peut la trouver sur tous les terrains, elle est facile à multiplier, facile à bouturer, et puis, comme je l’expliquais, j’ai tellement vu les vertus du paillage de saule que je vous invite vraiment à planter cet arbre.
Et à vous en servir parce qu’en fait, il a pleins d’usages possibles.
L’intérêt, c’est qu’on peut le tailler en têtard et c’est ce que j’ai commencé à faire sur cet arbre.
On laisse le tronc, on coupe la tête : alors ça ressemble juste à un manche à balais, mais ensuite il refait des branches en tête et un peu sur le tronc.

On lui dégage le tronc et on laisse pousser.
Tous les deux ou trois ans, on vient recouper toutes ses branches à ras, et il va en refaire, de plus en plus dense, ce qui fait que les oiseaux aiment y faire leurs nids et vous, vous allez pouvoir le broyer et l’utiliser en paillage.
C’est un arbre qui va renouveler sans arrêt sa biomasse généreusement.
Je ne peux que conseiller cet arbre.
Les différents types de saules
Ici, c’est un saule Marsault, qui est spontané en Brière.
Le saule pleureur vous apportera les mêmes bienfaits.
Celui-ci j’ai commencé à le tailler, je vais le faire en têtard.
Je ne voulais pas d’un saule pleureur ici dans ma haie fruitière mais, comme il s’est installé tout seul, je le laisse parce qu’il va être bien enraciné et va faciliter le décompactage de mon sol.
Mais je vais le tailler pour qu’il me fournisse de la biomasse, et pour qu’il soit utile en paillage.
Ça c’est le saule tortueux.

Quand il a perdu ses feuilles, on voit son architecture très utilisée dans les bouquets japonais en ikebana, celui-ci en jaune, j’en ai un autre derrière qui a le bois plus marron – il s’appelle « chocolate ».
Parmi les saules, vous avez aussi le saule des vanniers, qui donne l’osier : vous pouvez aussi planter vos saules pour en faire des paniers.
J’ai commencé aussi à former celui-là en têtard, et il fait de longs brins de deux mètres quasiment en une année.
Le saule, une ressource infinie
C’est une ressource inépuisable, qui pousse très vite, et qui est tellement utile au sol que je ne peux que la conseiller.
On peut les planter dans le sol, les arquer, les tresser et ils vont pousser quand même, et on les retaille donc on fait des clôtures vivantes…
C’est infini !

Et pour faire une bouture de saule, il n’y a pas plus simple, on prend ça, on en enlève les trois quarts, on place en terre et dans 99 % des cas, vous aurez un nouveau saule.
Donc vraiment facile à bouturer, et l’intérêt, c’est qu’on peut aussi bouturer des branches de deux mètres.
Cette partie avec cette butte, ici, où j’ai du safran et des aromatiques, c’est le déblai de l’étang.
C’est de l’argile blanche, donc complètement anoxique et sans vie.
Le Bois Raméal Fragmenté (BRF) de saule
J’avais du broyat d’un saule pleureur, de l’époque où j’avais encore mon entreprise : on avait abattu et broyé un saule pleureur et j’avais récupéré ce broyat.
J’ai planté pourtant très tardivement en février et finalement, tout a poussé sans aucun arrosage pendant l’été !
J’étais vraiment bluffée.
Tout pousse, sans arrosage la première année, et une année de sécheresse en plus !
C’est fou. Pas de travail du sol, pas de labour : juste étaler mes brouettes de compost et de broyat.

À la réflexion, je me suis dit que l’eau de saule sert à faire des boutures, et le saule est aussi à la base de l’acide acétylsalicylique.
C’est l’aspirine !
C’est donc peut-être ça : quand il pleut sur le broyat de saule, ça diffuse tous ces éléments dans la terre.
Toutes mes boutures ont pris.
Et là, je me suis dit, broyat de saule, BRF de saule, c’est le must ! Je suis intimement persuadée que le BRF de saule est l’un des meilleurs paillages qui soient.
Merci à Stéphanie pour son témoignage. 😉
Pour aller plus loin sur BRF
Le BRF (Bois Raméal Fragmenté) vous connaissez ?
Pour une (agri)culture du vivant
Jacky Dupéty
Édition De Terran
–
2007.
15 €
Ce livre n’est plus édité, mais reste disponible en occasion.
Le guide du BRF (Bois Raméal Fragmenté)
Pour des jardins naturels et fertiles
Bernard Mercier
Éditions Terre Vivante
–
2014.
30.73 €
Ce livre n’est plus édité, mais reste disponible en occasion.
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PermacultureDesign
Cet article a été rédigé par l’équipe de notre Bureau d’étude Permaculture Design.