La ferme urbaine de la famille Dervaes à Pasadena, Californie
Atteindre l’autonomie alimentaire sur la ferme urbaine
C’est à moins de 50 mètres de la très passante autoroute 210 à Pasadena en Californie que se trouve la ferme urbaine de 362 m2 de la famille Dervaes.
Si on pousse le portail du 631 Cypress Avenue situé à quelques minutes du centre-ville de Los Angeles, on se retrouve vite nez à nez avec un jardin d’abondance. Rempli de plus de 400 types de légumes, fruits, fleurs et autres herbes aromatiques, ce jardin très productif est impressionnant d’efficacité.
Et parce qu’aux jardins bien nés la valeur n’attend pas le nombre des m2 (ce n’est pas le Cid qui va nous contredire ;)), la ferme produit environ 3 tonnes de nourriture, 1 800 œufs et 200 litres de lait par an.

Une production de nourriture au-delà des espoirs
C’est un scandale alimentaire qui décide Jules Dervaes et ses enfants Anais, Justin et Jordanne à cultiver leur propre jardin pour se nourrir sainement avec des aliments biologiques n’ayant reçu aucun poison.
La motivation est là, mais les difficultés et la pression aussi, car même si Jules a déjà l’expérience de la gestion d’une ferme en Floride, il lui faut maintenant adapter ses connaissances à un terrain « de poche » pour rapidement pouvoir nourrir sa famille.
Son entourage lui disait que cet achat était un gouffre qui le mènerait à la ruine et Jules Dervaes était lui-même un peu sceptique quant à la possibilité de devenir autosuffisant dans un endroit si petit.

Source photo : http://urbanhomestead.org
Gardant pourtant la foi et malgré les obstacles, les larmes et les coups durs (sécheresse, maladies, parasites), Jules portera à bout de bras son projet et le mènera même plus loin que ces espérances puisqu’aujourd’hui la petite ferme urbaine nourrit une famille de 4 personnes et elle génère plus de 40 000 dollars annuels de ventes.

Les secrets de la réussite de cette ferme urbaine
Une bonne gestion du sol et de l’eau
Le proverbe dit que « tout ce qui est petit est mignon », et bien avec l’exploit réalisé par les Dervaes, nous pouvons ajouter que tout ce qui est petit peut être productif !
Lorsque la famille Dervaes s’installe à Pasadena en 1985, le sol de leur futur jardin ne retenait même pas l’eau !
Jules découvre que cela vient du manque de matière vivante dans le sol. Il va donc s’investir pendant 30 ans dans la création et l’entretien d’un écosystème vivant.
Il va amender son sol au fil des années, faire son compost, utiliser les déjections de ses animaux et améliorer ainsi sa terre.
Il va opter pour la mise en place d’un jardin comestible sur l’avant de la maison et de 50 lits surélevés dans la cour arrière.
Pour économiser l’eau d’arrosage, il va aussi utiliser des ollas (pots d’argile microporeux) enterrés dans ces planches de cultures.





Source photos : http://urbanhomestead.org
Des engrais naturels
Suivant les principes de la permaculture, Jules et ses enfants utilisent SEULEMENT des engrais naturels tels que la farine d’arêtes de poisson, le compost et le varech.
Aucun produit chimique ne passe le portail de la ferme urbaine de Pasadena et aucun plant ne reçoit d’hormones de croissance.
Pas d’inquiétudes pour eux !
Ça marche depuis 30 ans puisqu’ils produisent annuellement presque 3 tonnes de légumes et fruits qu’ils consomment, vendent ou utilisent pour obtenir de la farine, du riz et du blé.
Les animaux au cœur de la ferme urbaine
Déjà avant de s’installer à Pasadena, les abeilles, les poules et les chèvres faisaient partie de la famille, mais avec la volonté de devenir autosuffisant et autonome, cela s’est avéré primordial.
D’ailleurs, les Dervaes affirment sans honte que de s’occuper de leur mini basse-cour et d’entendre les « coin-coin » et les « cot-cot » dès le lever du jour est un des moments privilégiés de leur journée.
C’est ça la belle vie de la campagne à la ville !
Et bien sûr, un des autres avantages de posséder des animaux dans leur propriété est de pouvoir obtenir un amendement naturel pour les plants à moindre coût !
Jordanne qui s’occupe tout particulièrement des animaux plaisante d’ailleurs en les appelant affectueusement leurs « adorables machines à compost domestiques ».




Source photos : http://urbanhomestead.org
Du bio à l’autosuffisance
Jules Dervaes a réussi son pari avant de quitter son jardin d’Eden pour un autre paradis puisqu’il est mort en décembre 2016 d’une embolie pulmonaire.
Grâce à ses efforts, sa famille a réussi à se nourrir pour 2 dollars par jour, mais a aussi acquis une autonomie énergétique par l’installation de panneaux solaires, d’un système d’épuration des eaux grises, d’un four solaire et la fabrication gratuite d’un biocarburant fait maison.
Leur facture d’électricité s’élève à 12 $ par mois ; ça fait rêver, n’est-ce pas ?
Nous sommes curieux de savoir si vous avez, vous aussi, trouvé des solutions pour accéder à l’autosuffisance alimentaire et/ou énergétique ?
Votre expérience nous intéresse ! Partagez-la dans vos commentaires !
Reportage en anglais sous-titré en français sur la ferme urbaine de la famille Dervaes à Pasadena, Californie.
Si vous lisez l’anglais et que vous voulez en savoir plus sur cette ferme urbaine hors du commun ou simplement voir leurs différents albums photo, rendez-vous sur leur site : http://urbanhomestead.org
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Cet article a été rédigé par l’équipe de notre Bureau d’étude Permaculture Design.
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