Que mange un hérisson et où dort-il ? Nourriture, abri, hibernation, habitat…

Que mange un hérisson et où dort-il ? Nourriture, abri, hibernation, habitat…

Le hérisson, d’allure débonnaire, est en fait un prodige d’adaptation, un concentré de technologie. Mère nature a expérimenté sur lui bon nombre des innovations de pointe qu’elle a ensuite distribué aux diverses autres espèces. Parmi les plus impressionnantes, figure l’adaptation à l’hiver et à la pénurie de nourriture. Mais que mange un hérisson dans quel abri dort-il ?

L’automne venu, les hirondelles fuient honteusement vers le sud pour échapper à l’emprise du froid et à la disparition des insectes. Ceux qui restent changent de costume. Le renard revêt une longue pelisse rousse. Le rouge-gorge gonfle son plumage d’un dense et chaud duvet, car il s’agit d’assurer sa survie face au froid à venir. Le hérisson, quant à lui, n’a du poil que sur le ventre et un peu au menton. Son dos n’est couvert que de piquants distants les uns des autres, qui n’assurent qu’une médiocre isolation thermique. Comment va-t-il survivre aux frimas, au givre, au gel, à la neige ? Même pas peur.

La réserve de nourriture du hérisson

L’allongement des nuits provoque chez le hérisson un bouleversement physiologique important. Il est pris, à l’automne, d’un irrépressible besoin de manger. En prévision de la pénurie de nourriture à venir, il se gave et emmagasine, sous forme de graisse, toute l’énergie dont il aura besoin pour les mois à venir. C’est cette couche adipeuse qui va l’isoler du froid.

Découvrez ce que mange un hérisson, sa nourriture favorite mais aussi ses besoins en terme d’abri, son hibernation…

Ce hérisson recherche activement des petites limaces. Il en mangera plus de 300 en une heure. ©Philippe Jourde

En temps normal, il faut entre 60 et 90 g de nourriture pour satisfaire les besoins d’un hérisson adulte, mais en automne, certains animaux mangent presque trois fois plus, au point que certains individus gagnent 3 % de leur poids par nuit. Pour un humain de 70 kg, cela consisterait à voir le chiffre de la balance augmenter de 2,1 kg quotidiennement !

Que mange un hérisson ? De tout !

Si chaque hérisson a des préférences alimentaires, la plupart ne font pas la fine bouche. Vers de terre et mollusques sont ses proies de prédilection durant les nuits humides. Par temps plus sec, la nourriture du hérisson se diversifie et il recherche des chenilles, des coléoptères, mais aussi des tipules ou des grillons. En réalité, il ingurgite à peu près tout ce qui passe à portée de truffe, y compris des proies volumineuses et cuirassées, comme des écrevisses de Louisiane, ou de puissants carabes, dont le goût révulse la plupart des autres prédateurs.

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Ce méloé toxique est une proie fréquente du hérisson. © Philippe Jourde

Dire que le hérisson est un auxiliaire du jardinier est un poncif mille fois répété. Mais l’observation d’un individu dévorant goulument 352 jeunes Loches laiteuses en 1h30, le 9 octobre 2018, dans un potager de Charente-Maritime, fera sans doute lever le sourcil de plus d’un adepte de la permaculture.

Côté verdure, le hérisson joue moins les héros. Clairement, les cinq fruits et légumes par jour ne font pas son affaire. Il dédaigne ce qui n’est pas animal mais peut, à l’occasion, notamment lors des sècheresses ou en fin d’automne, se rabattre sur des fruits tombés au sol. Ce que mange le hérisson varie donc en fonction de ce qui est disponible et il aime aussi à s’aventurer dans le tas de compost.

Plus de nourriture = hibernation du hérisson

Quand la nourriture du hérisson se fait rare et sous un seuil de température, qui varie selon les régions entre 5 à 7°C, le hérisson se réfugie dans un des nids qu’il a préalablement construit. Se déroule alors un phénomène extraordinaire : l’hibernation.

En l’espace de quelques heures, l’animal va profondément modifier ses fonctions vitales. Sa température interne s’abaisse de 35 à 4°C. Le rythme cardiaque, habituellement de 150 à 280 pulsations par minutes, chute à 5 battements. Les phases de respiration sont entrecoupées d’apnées pouvant durer jusqu’à deux heures ; les cachalots, pourtant 100 000 fois plus gros, ne font pas mieux. Pour éviter la déperdition d’eau, la fonction rénale est réduite. Le métabolisme du glucose est minimal pour réduire la consommation d’énergie. Le hérisson met donc tout son corps au ralenti. Il entre dans un état comateux, proche de la mort et consomme dès lors en 120 jours, l’énergie que lui coûterait une unique journée d’activité printanière !

La température idéale d’hibernation du hérisson se situe à 4°C. Au-dessus et en-dessous de ce seuil, la consommation de graisse s’accroît. Le hérisson s’abrite donc dans un nid de feuilles, dont la position et l’isolation permettent le maintien de conditions relativement constantes.

Découvrez ce que mange un hérisson, sa nourriture favorite mais aussi ses besoins en terme d’abri, son hibernation…

Un hérisson hiberne dans son nid d’hiver, parfaitement camouflé, au premier plan à gauche. © Philippe Jourde

Mais notre Belle au bois dormant ne sommeille pas en continu. Elle se réveille brièvement tous les 7 à 11 jours et plus durablement si la température extérieure se radoucit et permet de partir en chasse. Si, au contraire, une vague de froid survient, un système de sauvegarde relance l’activité de l’animal pour éviter qu’il ne se transforme en marron glacé. Il n’est pas rare alors que le hérisson déserte son gîte au profit d’un abri mieux adapté pour continuer son hibernation.

À cette occasion, on peut parfois l’observer de jour. Une règle absolue : le laisser tranquille !

Si vous voulez en savoir plus sur le hérisson, découvrez l’article « Bébé hérisson et mode de reproduction : une vie de polisson »

Livre Le Hérisson d’Europe

Le Hérisson d’Europe

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Livre de Philippe Jourde
Environ 216 pages, Édité par Les Éditions Delachaux et Niestlé en 2020.

Prix : environ 19,90 €

Références complètes (éditeur, ISBN…), descriptions et avis des lecteurs sur :
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Philippe Jourde

Philippe Jourde

Philippe Jourde travaille au service Connaissance de la LPO, où il administre le portail national de science participative www.faune-france.org, qui permet à chacun de partager ses observations d’animaux et de consulter des millions de données.
Il est par ailleurs auteur et adaptateur de livres sur la nature et vient de signer une édition revue et augmentée de l’ouvrage « Le Hérisson d’Europe », aux éditions Delachaux et Niestlé.

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Philippe Jourde travaille au service Connaissance de la LPO, où il administre le portail national de science participative www.faune-france.org, qui permet à chacun de partager ses observations d’animaux et de consulter des millions de données. Il est par ailleurs auteur et adaptateur de livres sur la nature et vient de signer une édition revue et augmentée de l’ouvrage « Le Hérisson d’Europe », aux éditions Delachaux et Niestlé.

5 Commentaires

  1. Avatar

    Les Herisson peuve t il manger les orvets

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      Le hérisson est un opportuniste. S’il est peu probable qu’il capture des orvets vivants, il peut dévorer des cadavres, notamment routiers, découverts au cours de ses pérégrination. Les hérissons ont la réputation de s’attaquer aux reptiles mais il s’agit d’une croyance infondée.

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  2. Avatar

    gratitudes …tellement enrichissant

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    • Avatar

      Merci pour ce commentaire

      Réponse
  3. Avatar

    bonjour,

    Nous à l’ile de la Réunion nous avons le tangue « tanrec madagascaris » avez des informations aussi pertinentes que le sur Hérisson.

    merci

    Jacquelin BARRET

    Réponse

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