Fertilisez avec vos toilettes sèches !

Fertilisez avec vos toilettes sèches !

Aujourd’hui, le monde entier s’accorde sur le fait que la ressource en eau douce est de plus en plus en danger. Eau qui est source de toute forme de vie comme chacun le sait. Autre constat évident : les pertes de fertilité des sols cultivés sont des problématiques tout aussi importantes que celles liées à l’eau, et ce au jardin comme dans les champs. Ces problèmes nous poussent à utiliser la chimie dont les bilans environnementaux et humains sont très discutables. L’ensemble de ces constats nous amène aujourd’hui à parler d’une des solutions : l’utilisation des toilettes sèches, qui, à elles seules, règlent l’ensemble de ces situations. En n’utilisant pas d’eau pour les toilettes tout d’abord, et en nous permettant, ensuite, de conserver notre fertilité sur place et de la valoriser.

Un petit calcul que nous avons fait pour vous faire plaisir 😉

Les habitants de la communauté urbaine de Bordeaux, soit 795 000 personnes, passent chaque jour en moyenne environ 40 litres d’eau potable dans leurs toilettes (source : http://www.planetoscope.com/consommation-eau/1359-consommation-d-eau-par-les-chasse-d-eau-des-wc-en-france.html)… soit à la louche 30 millions de litres au quotidien ! Imaginez ce que cela coûte à l’environnement, et au contribuable en matière de traitement, puis de repotabilisation derrière…
Ce chiffre ne tient pas compte des collectivités, voyez un peu. Tout cela sans bien sûr oublier toute la fertilité dédiée naturellement au retour vers les sols, qui s’en va dans nos chers tuyaux, vers l’inconnu…

Un constat

L’utilisation de toilettes sèches à litières biomaîtrisées est à l’heure actuelle une solution très intéressante et la plus efficace du moment pour pallier à ces problèmes de société. Néanmoins, les vidanges régulières de celles-ci et la maîtrise nécessaire de la technique du compostage classique peuvent être des freins au passage à l’action et cela peut se comprendre.
De plus, ce processus de compostage induit une perte importante des nutriments par voie gazeuse. L’apport d’une faune exotique sur notre sol peut aussi entraîner d’autres déconvenues.

Les principes de permaculture comme outil de résolution de problèmes

Dans l’installation de nos designs, nous sommes en perpétuelle réflexion sur comment optimiser l’existant. En utilisant les principes de permaculture suivants : « le problème est la solution » et « tout déchet est une ressource inutilisée », nous nous sommes demandés pourquoi ne pas déposer directement nos résidus de toilettes sèches à la surface du sol. Tout en réduisant notre travail, cela permettrait d’une part de nourrir et de fertiliser le sol grâce aux matières à tendance plutôt azotées (favorisant la croissance des végétaux) présentes dans nos toilettes sèches, urines notamment, et d’autre part de « construire » de l’humus grâce aux matières plutôt carbonées que nous utilisons, notamment la sciure de bois.

Des essais plutôt intéressants sur trois contextes :

Nous avons décidé d’expérimenter ce dépôt direct de nos résidus de toilettes sèches sur trois contextes différents à la ferme de la Goursaline :

  • un arbre fruitier quasi mort, fortement attaqué par le gel,
Essai sur l’utilisation de nos résidus de toilettes sèches pour fertiliser un arbre fruitier

Arbre laissé pour mort sujet de notre expérience

  • un kiwi qui végétait depuis plusieurs années à 30–40 cm de hauteur et ne produisait que très peu de pousses
Essai sur l’utilisation de nos résidus de toilettes sèches pour fertiliser un arbre fruitier

Un kiwi, deuxième sujet de notre expérience, deux ou trois seaux (20l) de toilettes ont été apportés.

  • une plate-bande de jardin potager…

Comment ?

L’idée était donc d’épandre nos seaux de toilettes sèches directement sur le sol aux endroits présélectionnés. Il est évident qu’avant tout, notre souhait était d’avoir des conditions environnementales et hygiéniques satisfaisantes. Nous avons donc été attentifs au fait que le sol soit bien vivant et capable d’assimiler une telle quantité de nutriments et avons donc choisi le printemps pour lancer notre essai, moment où l’activité biologique du sol démarre et devient de plus en plus importante. Nous nous sommes assurés de ne prendre aucun risque de lessivage ou d’écoulement vers une nappe (même temporaire), une source ou un cours d’eau. Concernant la chimie présente dans nos déchets (ou ressources), la question n’a pas posé de problèmes majeurs, car nous ne prenons jamais de médicaments, contraceptifs, etc. Enfin, nous avons, à chaque fois, paillé généreusement notre offrande afin qu’elle soit hors de portée des animaux de passage et insectes, et que les feuilles ou tiges des végétaux ne soient pas directement en contact avec les effluents pour les protéger des pathogènes…
On peut, dès lors, avoir une petite pensée pour nos légumes issus des circuits traditionnels où tant de précautions ne sont certainement pas prises ! Je pense notamment aux épandages des boues d’épurations, de purins, ou de déchets papetiers qui sont légion sur nos terres cultivées françaises, effrayant parfois bien moins qu’un simple « caca » issu d’une alimentation saine et vivante. On relativise donc par la même les conditionnements que l’on a reçu, même si, bien sûr, la « conscience » dans ce que l’on fait reste de mise…

Le résultat ?

Eh bien on peut dire qu’il a été sans appel ! Le fruitier que nous donnions pour mort renaît de ses cendres. Une écorce craquelée, se disloquant complètement, attaquée par le champignon et où trois ou quatre feuilles subsistaient péniblement, a laissé place à un arbre en pleine vigueur, avec des pousses de plus de 40 cm, un tronc réparé (nous avons aussi utilisé un badigeon d’argile pour l’aider), et des feuilles d’un vert splendide qui ne mentent pas sur l’état de santé du sujet.

Essai sur l’utilisation de nos résidus de toilettes sèches pour fertiliser un arbre fruitier

Repousses récentes liées à l’application des toilettes sèches.

Le kiwi a explosé à notre grande surprise, il fait actuellement des lianes qui gagnent des dizaines de centimètres chaque semaine et on peut penser qu’il va fleurir pour la première fois l’année prochaine. En 4 ans, depuis notre arrivée sur ce lieu d’habitation et d’expérimentations, nous ne l’avions vu prendre que quelques centimètres durant la saison.

Essai sur l’utilisation de nos résidus de toilettes sèches pour fertiliser un arbre fruitier

Le deuxième sujet en pleine explosion avec des pousses de parfois plusieurs dizaines de centimètres en quelques jours.

La future plate-bande potagère, de quelques mètres carrés, et sur laquelle nous avions disposé une dizaine de centimètres de résidus de toilette, suit, elle aussi, la même direction. Nous ne la mettrons en culture qu’en fin de saison, de manière à ce qu’une assimilation suffisante des matières soit faite par les artisans du sol. Mais aujourd’hui, nous avons déjà une couche humifère prête à recevoir des plantes, pleine de vers et de vie, qui ne demande qu’à nous aider à produire !
Aucun signe de maladie ou de problème n’a donc été détecté, bien au contraire…

Et si on rêvait ?

C’est sûr qu’en voyant cela, on peut se prendre à rêver à de nouvelles expériences, qui vont être menées dès cet automne à la Goursaline pour aller plus loin dans cette optique. Nous sommes aujourd’hui très positifs sur les effets futurs que pourrait avoir l’épandage de toilettes sèches sur nos sols. Épandage « raisonné » dans le dosage bien évidemment et dans le contexte pédoclimatique choisi, car comme vous le savez en tant que permaculteur, toute accumulation de nourriture ou d’énergie trop importante ou concentrée à un même endroit, devient une pollution, et peut transformer la solution en nouvelle nuisance !
Prendre en référence les chiffres d’épandage de lisier agricole peut être une bonne base : 200 kg d’azote (N) par hectare et par an. Selon Joseph Országh et le site Eautarcie : « Pour épandre donc, avec l’urine et les fèces, les 5 kg d’azote que “produit” annuellement une personne, il faut un jardin ou une surface d’au moins 2.5 ares (250 m²). Une famille de 4 personnes devrait dont disposer d’une surface de 10 ares (1000 m²). En dessous de cette valeur, il y a dépassement des normes. »

Mais nous pouvons d’ores et déjà penser que ce genre de pratique pourrait être très utile dans de nombreux domaines :

  • Amélioration de sols incultes, trop argileux ou trop sableux…
  • Formation de sol sur des supports stériles : urbains, roche…
  • Construction rapide de massifs, plates-bandes, jardins florissants…
  • La valorisation agricole à plus grande échelle pourrait être tout à fait envisagée…
  • Etc.

Chacun fera ses choix en conscience, mais une chose est sûre : si vous ne savez pas quoi faire de votre caca, faites-en donc des jardins fertiles !!!

Urine, de l’or liquide au jardin

« Un petit coin pour soulager la planète »

Toilettes sèches et histoires d’eau

Livre de Christophe Elain
288 pages, édité par Association Eauphilane en 2007.

Prix : environ 10 €

Références complètes (éditeur, ISBN…), descriptions et avis des lecteurs sur :
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PermacultureDesign

Cet article a été rédigé par l’équipe du bureau d’étude PermacultureDesign.

38 Commentaires

  1. chevalier

    Plus intéressant encore, le lombri-compostage des évacuations de toilettes sèches, la digestion des nombreux vers (qui en profitent pour se reproduire) écarte tout risque de contamination, et depuis des années j’obtiens une quantité de fumier / terreau suffisante pour mon jardin de 200 m2 à moi tout seul…

    Réponse
    • Cendrine

      Pourrais-tu nous en dire plus sur ton installation?
      Merci

      Réponse
      • chevalier

        C’est très simple, 2 cubes formés chacun de 3 palettes adossées à un mur (de pierres sèches dans mon cas) font des bacs de réception directement sur la terre. Dans le 1er, je déverse pendant 6 mois le contenu de mes toilettes sèches. Au bout de six mois, je laisse l’ensemble se transformer et je charge de frais le second. J’ai commandé sur internet il y a plusieurs années des vers de fumier (www.jardins-animes.com mais il y en a d’autres…) Ceux-ci se développent en toute liberté, se reproduisent, digèrent et transforment mes excréments et la sciure (ou du foin fragmenté éventuellement) en terreau très riche qui équivaut à ce que donne un fumier conventionnel composté. Au bout des 6 nouveaux mois, je récupère ce « lombri-compost », le bac reprend son rôle de réceptacle, etc. Utilisé en rotation avec le BRF et le paillage, ma production me suffit donc pour 200 m2.

        Réponse
        • chevalier

          J’oubliais de préciser qu’il faut protéger les deux bacs des orages ou de la canicule (je suis dans l’arrière-pays niçois) avec des tôles plastiques ou autres…

          Réponse
          • isabelle

            merci !! ça me sera aussi très utile !

  2. Marie-Charlotte

    Salut Ben !
    Merci pour ce super retour d’expérience qui tombe à point nommé pour nous ! Nos toilettes sèches sont en service depuis mars et je constate que le compost à caca prend effectivement pas mal de place !! Penses-tu qu’il soit envisageable de tester l’épandage ici à la Réunion ? Ou les trop fortes pluies de la saison humide risquent de poser problème ? Est-ce que recouvrir l’épandage de feuilles mortes pourrait suffire ? Car nous n’avons que ça sur notre terrain…
    Merci pour ton article, en tout cas, et des bises à vous deux !
    Marie

    Réponse
  3. Adi

    Bonjour,

    Cet article nous laisse entrevoir de belles perspectives quant à la valorisation de nos déjections.
    Les expériences que vous avez menées sont très intéressantes.
    Néanmoins, pour aller plus loin, et lorsqu’on cherche à démontrer les effets d’une action (ici sur une plante), on utilise un témoin. Ainsi, on peut comparer un individu sur lequel on a rien fait avec un individu sur lequel on a appliqué un traitement.

    Ici, l’effet est indéniable, mais comment être sûr que se ne sont pas (par exemple) les conditions pédoclimatiques qui ont largement contribuées à ces améliorations?

    Réponse
    • Benjamin Broustey

      Bonjour Adi,
      Des témoins nous en avons des tonnes tout autour des plantes dont nous parlons??? Nous sommes en pleine forêt comestible et je peux vous dire que les végétaux adjacents à ceux-ci et pourtant strictement les mêmes, n’ont pas du tout la même santé 😉

      Réponse
  4. chevalier

    Un autre livre référence ,  » Le génie du sol vivant  » de Bertrand et Renaud ( Editions de Terran, http://www.terran.fr) etc.

    Réponse
  5. Jérôme BOISNEAU

    Salut Ben, et merci pour ces expériences ! J’avais bien conscience que le compostage de mes toilettes sèches me faisait perdre une grosse partie de la « valeur » de mon seau, mais je n’avais pas osé l’épandre directement. Mais comme mes kiwi sont en train de sécher sur place, je vais dès demain faire quelques pas de plus pour vider mon seau au pied de mes kiwi.
    A bientôt !
    Jérôme

    Réponse
  6. Monet

    4ans d’utilisation et de valorisation de toilette sèche, tout cela pour économiser l’eau douce et favoriser le potager.
    Cela fonctionne vraiment bien.

    Réponse
  7. isabelle

    bonjour Benjamin et l’équipe, c’est très intéressant tout ça; mille mercis. Pour ma part voici une anecdote rigolote: j’ai déposé en début de printemps un gros tas de « ressources toilettes » disons, dans le seul but de le laisser composter tranquillement, un peu à l’écart… j’avais mis un plastique dessus. Quelle surprise! quelques semaines après, c’était devenu une mini serre ou des dizaines de pieds de tomate essayaient de se faire une place.. au soleil… sous le plastique!… j’ai bien sûr immédiatement ôté le plastique, et le tas de « ressources » est devenu une « forêt spontanée » de tomates… j’ai simplement éclairci un peu car c’était vraiment trop! et… j’en mange encore !!! délicieuses… 🙂

    Réponse
  8. chien Flamboyant

    Bonjour,
    je me souviens, alors que j’étais enfant dans les années 70 environ, perdu dans la campagne profonde,
    il n’y avait bien sûr pas de toilette moderne. nous déposions le contenu du sceau, que mes parents appelaient « Jules »,
    (allez savoir pourquoi), aux pieds d’une rangée de rhubarbe, avec lesquelles nous pouvions faire d’abondantes
    confitures. Les plans de rhubarbe, étaient énormes, il faut dire que nous étions 8 enfants plus les 2 parents :
    azote, azote et encore azote, plus l’eau contenue dans le sceau, alors…
    Nous ne nous étions jamais soucié d’une forme quelconque de contamination, et bien nous en a pris,
    j’ai maintenant 58 ans et j’ai une forme du tonnerre.
    Il y avait aussi la crèche à vache juste au dessus du puis, mais bof, le corps a encaissé et je suis,
    au dire de mon entourage bien conservé.
    Il ne faut pas avoir peur du caca, la nature sais faire se qu’il faut pour le transformer et ainsi boucler la boucle.

    Réponse
  9. rinnert

    hallo
    tres bonne idee d utiliser les toilettes seches comme nutriment pour les plantes
    MAIS: il me manque l addition de biochar, pourquoi?
    il desodorise,
    attire a lui tous les cations( n-p-k-nh3-no2 et 3- mg)
    absorbe jusqu a 5 fois son volume en eau
    c est un hlm pour les bacteries
    capteur de co2
    reste dans le sol pendant des siecles, la preuve en est la terra preta en amazonie
    et le biochar est tres facile a fabriquer
    amicalement
    roland

    Réponse
    • greenfred

      j’ai lu quelquepart (désolé pour le manque de références…) que le biochar n’était pas du simple charbon de bois et que sa production nécessitait quelques connaissances et aménagements techniques.
      ce qui me semble paradoxal si on prend en compte le niveau low-tech des Indiens à l’origine de la « terra preta »

      Réponse
        • greenfred

          ahhh génial . j’ai lu le lien de marc ci-dessous mais je ne maitrise pas suffisamment bien l’anglais . la traduction auto est déplorable …
          je cherche aussi à optimiser les bouses de vaches et les crottins de cheval , je ne fais pas de fumier car je ne mets pas de litière, les animaux ne sont enfermés que pendant la nuit dans un corral avec toiture.
          et donc je mets les dejections en tas au fur et à mesure en les laissant sécher (climat sub-tropical) .
          je pense les composter au moins en partie avec du broyat de Pennisetum spp. (herbe à éléphants…) sec . Si la perte en azote au séchage est assez importante, je peux augmenter la quantité à mélanger avec le broyat. pour l’instant , je ne sais pas encore, je n’ai pas débuté l’essai .
          (compostage à chaud en cylindre isolé – grillage + plastic – et cheminée de ventilation centrale avec une bonne hydratation du mélange )

          Réponse
          • rinnert

            fermenter le tout sous forme de bokashi,le tout sera disponible pour les planres en six semaine

        • Stephane

          Ouah, mon premier commentaire sur votre site!!! Bien côté biochar, on s’est pas mal penché sur le sujet comme je travaillais en Guyane. C’est un outils important, permettant à la longue et en complément de compost, et autres restes de poteries, d’arriver à la formation de la fameuse terra preta. Cette couche de sol, d’origine anthropique, est une espèce de carrefour entre compost (ou plutôt déchets de cuisine), reste de feux (cendres et charbons), et déchets de poteries. Les avantages sont très importants, du fait notamment que l’apport de biochar induit des effets dont la durée peut être de plusieurs siècles, voire frôler le millénaire (mais sur le sujet on manque de données et d’auteurs).
          En gros des essais que j’ai réalisé sur le choux, juste en apportant de la MO (boeuf et volailles) et du charbon pilé à diamètre < 2mm, on double facilement les rendements observés chez les petits agriculteurs familiaux du coin, tout en réduisant les demandes en eau (facteur très important même si on est en Amazonie). J'ai tout un fichier de docs la dessus, comment je peux vous les faire parvenir?
          Ici en tout cas, le dépôt de toilettes sèches est une réussite, reste à vérifier les risques batério et autres, mais les salades ont bien aimé.
          Pour ce qui est du bokashi, on a expérimenté une recette issue de travaux de la FAO (dans un agridok, dont je ne sais plus le numéro…), et en gros après pas mal de taff (retournement et arrosage deux fois par jour) on obtient un compost très honorable en 3 semaines! Une adaptation a été cependant apportée avec l'usage de mélasse issue de rhumeries de Paramaribo (SU), et de la terre de sous bois pour ensemencer en EM.
          De là aussi l'idée d'exploiter la terre en formation sur les chablis, en culture sous serre. L'effet est assez canon (30 kg de concombre sur 4 pieds!), mais ne dure pas très longtemps. Enfin c'est quand même pas mal pour une culture juste plantée dans ce terreau de chablis déposé sur de la latérite!
          A bientôt

          Réponse
    • Alice Ndome

      Salut a tous,

      L’usage du Biochar est surtout optimal dans les zone tropicales et subtropicales,semi-arides et arides. car il permet de liberer lentement les nutriments(?!), il reduit l’acidite du sol, soutient positivement tout un tas d’interactions dans le sol et reduit l’utilisation de l’eau.
      Dans les climats temperes,d’apres mes amis permaculteurs de Tasmanie, on peut s’en passer car l’activite biologique et chimique n’est pas aussi fulgurante que dans les tropiques donc les ajouts et amendements on le temps d’etre utilise par tous dans le sol et par la plante.. Un ajout en ete peut etre utile. Mais ce n’est pas indispensable et l’effort pour fabriquer le biochar peut s’averer contre productif en terme de temps et d’effort.
      Neanmoins tous s’accorde sur la lombrification avec usage de chitin et mineraux et calcium issue de coquilles de fruits de mer,oeufs et exosquelettes d’insectes ou crevettes.

      Si vous etes interesse pour savoir comment fabriquer du Biochar low cost et low tech. N’hesitez pas.

      Un grand Merci a Permaculture Design pour le travail. Car les infos vulgarisantes dans les domaines de la Permaculture et des techniques durables agricoles sont difficiles a trouver en langue francaises. Je parle plusieurs langues mais pour mes amis et famille francophones ca a beaucoup aide et m’a permis de reduire mes heures a traduire des papiers pour eux.
      Bon Courage et de bonnes choses.

      Réponse
      • Benjamin Broustey

        Merci pour ce complément et ton soutien Alice, et si tu veux communiquer plus sur le biochar low cost et low tech, et la lombrification, n’hésites pas à revenir vers nous…

        Réponse
  10. dominique

    merci pour votre retour d’expérience. La nature nous réserve de bien belles surprises
    je vais peut être me lancer dans
    l’aventure

    Réponse
  11. nico

    bonjour, juste une petite question sur le type de sciure à utiliser ?
    si la sciure provient d’essence de résineux (bcp de douglas dans nos scieries) est ce que l’épandage ne devient pas problématique ??? acidité accrue ?
    Merci d’avance pour vos lumières aguerries !!!

    Réponse
  12. Willy Besset

    Merci beaucoup.
    Sur le plan pratique, il me semble que l’urine est facile à collecter, surtout pour les Messieurs. J’ai commandé le livre conseillé mais aurais-je des indications de proportions? Il s’agit de savoir combien de litres d’urine pour combien de Kg de sciure. Quels types de bois sont-ils corrects (résineux ou non…)
    La solution de répandre au printemps semble bonne.
    Quelles conclusions peut-on tirer par type de végétaux…
    Ce sujet demande certaines précisions faute de quoi on ira à l’aventure.
    Les toilettes sèches sont une solution « domestique » parfois difficile à mettre en oeuvre du fait des données fonctionnelles des constructions, mais elles sont applicables « au jardin » ; c’est ce que je fais donc, mais pour les seules urines ; que faire du papier? (c’est vrai que je donne du carton à mes lombrics!
    Il y a à bâtir des stratégies de conservation…
    Dispo pour y réfléchir et expérimenter.
    Willy Besset 04 71 59 39 48

    Réponse
    • Benjamin Broustey

      Bonjour Willy,
      Je pense qu’il ne faut pas mettre trop d’intellectualité et de calculs là où il n’y en a pas forcément besoin. L’idée n’est absolument pas d’obtenir une recette, faute de quoi ce n’es pas à l’aventure que l’on ira (aventure qui peut s’avérer heureuse preuve en est 😉 mais carrément au désastre…Et je dirai « heureusement » que certains partent à l’aventure, parce que si avant chaque découverte ou expérimentations, on devait attendre une étude probante, le mot innovation n’éxisterait pas dans le langage humain… L’idée est comme tout design ou action de perma : travailler avec le contexte, pour créer des cycles économes, vertueux et aggradant…Qu’est ce qui est bon ? Utiliser ce qu’il y a de disponible chez vous…En quels dosages ? Celui que vous allez expérimenter petit à petit dans votre contexte pédoclimatique… Tout cela sera comme d’habitude bien différents chez vous, de chez le voisin…Je ne comprends pas votre phrase sur le problème que les toilettes posent en rapport avec l’habitat…La facilité de mise en œuvre au regard de ce que les toilettes à eau demandent en terme de logistique, de dépense énergétique et de maintenance est déconcertante…Il en existe pour tout les gouts : à séparation, à compostage, continu, très technologiques ou pas du tout 😉
      Quand au papier, il n’est pas du tout un problème, avec une petite préférence pour les non colorés…c’est toujours ça de moins à digérer pour le sol…Amicalement à bientôt Willy !

      Réponse
  13. Boudhief

    salut ce processus était déjà utilisais dans la région du Djerid Tunisien …depuis longtemps…efficace..

    Réponse
  14. Guillaume

    Bonjour Benjamin, qu’en est il des contraceptifs et divers médicaments que prennent les visiteurs que j’invite à la maison et qui utilisent mes toilettes sèches ?

    Doit on obligatoirement passer par une phase de compostage pour pouvoir les éliminer ou même comme cela es-ce impossible ?

    En cas d’épendage direct sur le potager et les arbres fruitiers, retrouve-t-on des éléments chimiques indésirables dans nos légumes et dans nos fruits ?

    Merci

    Réponse
    • Benjamin Broustey

      Salut Guillaume,
      Disons que pour ce genre de situation, je dirai que par prudence, je passerai par une période compostage. Il est évident que la majorité des molécules ne seront pas détruites mais il y a tout de même un bon écrémage qui se fait pendant cette opération. Tu peux faire comme moi si tu le souhaites, séparer tes toilettes de celles de tes visiteurs afin de pourvoir les gérer différemment. Néanmoins, si tu construis un beau sol humifère et que tu n’as pas de remontée hydromorphes (de nappes), il y a peu de chance de contamination, l’humus ayant la particularité de capturer ces matières et de ne pas les rendre solubles pour les plantes…De toutes manières, c’est toujours mieux que de mettre ces molécules dans l’eau parce que là c’est carrément la cata…

      Réponse
  15. Bruno Torrente

    Bravo Ben pour tes recherches constantes, ton partage et pour ce que certains pourraient considérer comme une prise de risque 😉
    Des bises à vous deux.
    Bruno

    Réponse
  16. Julien

    Je suis bien au regret de tempérer cet usage qui est interdit en France 🙁
    L usage des toilettes sèches est soumis à condition d épandage (2 ha non boisés de memoire) ou collecte par une société agréé …
    La législation française n est pas encore diodegradable

    Réponse
    • Benjamin Broustey

      La législation française s’est ouverte à l’usage des toilettes sèches par l’arrêté du 7 septembre 2009…Même si les prescitpions techniques restent à revoir largement, c’est déjà un premier pas 😉

      Réponse
      • Julien

        En effet elle en parle en laissant en gros les spanc responsable et donc l interdise ou se retranche derrière les recommandations des services vétérinaires en matière d épandage des lisiers agricoles. Encore dernièrement j ai eu un dossier qui intégrait des WC sec dont le permis de construire à été refusé à cause de cela. Moi à ce niveau j appel cela de l hypocrisie. Et comme toujours en France si l on veux progresser on est obligé de transgresser les quelques 300 000 lois décrets et règlements …

        Réponse
  17. chris

    bonsoir,
    proposition intéressante. Je le fais, en recouvrant de branchages, de paille aux de mes noyers qui végètent un peu car mon terrain est bien sec….
    Pour éviter le passage du chien du voisin. quoiqu’il me semble que les fécès des végétariens, les attirent moins. Vous ne précisez pas, par contre, si vous les avez épandu une fois ou dix fois… et le nombre d’utilisateurs.
    merci

    Réponse
  18. Frane

    Coucou,
    Petit sujet hors sujet;-),
    A propos des arbres à kiwis , mon arbre a 2 ou 3 ans , c’est un auto fertil et il pousse pousse pousse très bien , je suis dans le nord en Belgique , petite question qu’elle est cette odeur qui émane de lui ?
    Ça sent un animal en décomposition et comme il est près de ma terrasse je pense même le changer d’endroit …
    Quelqu’un peut il me renseigner sur ce phénomène merci à vous
    Frane

    Réponse
  19. Marie

    Bonjour Benjamin,

    Après presque un an de recul, pourrais-tu nous faire un petit retour d’expérience sur l’épandage des seaux de toilettes sèches ? As-tu pu mettre en culture ta plate-bande potagère ? Est-ce que les copeaux étaient assez décomposés ? Est-ce que vous avez du arroser pour aider à la décomposition ?
    Merci d’avance pour tes réponses et belle journée !

    Réponse
    • Benjamin Broustey

      C’est une grande réussite ! Je n’arrose pas mais il pleut régulièrement chez moi…C’est excellent sur les fruitiers sans aucuns doutes…Par contre pour préparer une plate bande potagère c’est encore tôt la décomposition n’est pas suffisante…Affaire à suivre…

      Réponse
  20. Marie

    Super, merci pour tes réponses. Même constat pour nos fruitiers : notre manguier qui n’avait jamais donné en 20 ans (dixit notre voisin) nous a offert une cinquantaine de mangues délicieuses en février. On espère que ce soit lié à notre apport en litière de toilettes sèches 😉

    Réponse

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