Tout savoir sur les haies : vive, champêtre, libre, bocagère…

Tout savoir sur les haies : vive, champêtre, libre, bocagère…

Lorsque l’on acquiert un terrain, celui-ci peut être vierge de toutes plantations, cependant, le voisinage est là, ou encore des vents dominants gênants : pour toutes ces raisons ou d’autres, le jardinier a envie de planter une haie. Mais sait-il laquelle ? L’article qui suit a pour but d’ouvrir le champ des possibles et d’aiguiller le planteur !

Qu’est-ce qu’une haie ?

Une haie est une clôture de hauteur variée formée d’arbres, d’arbustes, d’épines ou de branchages. Une haie constitue une bordure, une lisière entre deux espaces qu’elle sert à délimiter. Son rôle d’interface est très intéressant tant d’un point de vue floristique que faunistique. En effet, une haie peut devenir le lieu rêvé pour élever une nichée d’oisillons, ou encore pour se nourrir… Elle arbore une forme linéaire, mais son épaisseur peut varier de quelques centimètres à plusieurs mètres de large.

Selon sa position dans le jardin, elle peut jouer différents rôles : atténuer les vents dominants, en créant une zone protégée à l’arrière, servir à piéger la chaleur selon son orientation, limiter l’impact des embruns en bord de mer, temporiser l’avancée du feu dans les zones exposées, filtrer la venue de grands herbivores au jardin, occulter des vis-à-vis : les seules limites sont celles de votre imagination !

En permaculture, la haie qu’elle soit vive, champêtre, bocagère ou autre est considérée comme un écosystème à part entière nécessaire à la biodiversité.

De l’intérêt des haies pour les animaux

La haie, un écosystème à part entière

La haie constitue un écosystème en soit. C’est un espace de refuge attractif pour de nombreux oiseaux, qui viennent y dormir, nicher, socialiser, se nourrir, s’y protéger…

2 millions de kilomètres de haies champêtres ont été détruits en 50 ans en France en raison du remembrement agricole, de l’urbanisation ou de la mise en place d’infrastructures de transport. C’est donc une perte énorme pour l’avifaune, qui peine à trouver des lieux d’accueil. Aussi, installer une haie dans son jardin participe à endiguer ces pertes.

Oiseaux et haie

Pour bien accueillir les passereaux, il faudra faire en sorte de fournir des graines pour les oiseaux granivores, des insectes pour les insectivores : donc installer des arbustes produisant des fleurs.

Pour offrir une nourriture abondante aux oiseaux, les floraisons devront être échelonnées sur l’année. Il est recommandé de favoriser des végétaux endémiques, car ce sont eux que les oiseaux ont l’habitude de consommer. Les espèces exotiques, que l’on retrouve souvent chez les pépiniéristes, malgré des fructifications parfois spectaculaires par leur couleur, ne présentent pas nécessairement un repas de choix pour nos oiseaux. Une haie qui aurait aussi pour vocation de favoriser les oiseaux, et leur aide est précieuse au potager ou au verger pour consommer certains insectes indésirables, tel le carpocapse, ne devra donc pas être plantée exclusivement d’espèces horticoles.

En permaculture, la haie qu’elle soit vive, champêtre, bocagère ou autre est considérée comme un écosystème à part entière nécessaire à la biodiversité.

Une multitude d’oiseaux sauvages dépend des haies pour subsister ! Planter des haies, c’est aider à préserver l’avifaune !!

Des arbustes favorables aux oiseaux

On pourra ainsi installer à profit de la viorne-tin (Viburnum tinus) dont la floraison se produit en hiver, et qui est suivie par une fructification attractive pour les oiseaux.

Le lierre (Hedera helix) est également un très bon végétal à conserver afin de nourrir les oiseaux pendant les périodes de disette. En effet, le lierre fleurit à « contre-courant », à l’automne (il est aussi précieux pour les abeilles qui en récoltent le pollen avant de rentrer en repos) et fructifie en hiver/début de printemps. Cette stratégie lui assure de voir ses graines dévorées par les oiseaux, qui en assurent ainsi une large dissémination. On pourra donc faire en sorte de le laisser se développer dans les haies.

Certains végétaux que l’on retrouve classiquement dans les haies champêtres, telles les aubépines, ont quant à elles co-évolué avec les oiseaux : leurs graines n’ont la faculté de germer que si elles sont passées par leur tube digestif.

Un logis idéal

Par ailleurs, le choix d’arbustes à port compact sera bienvenu afin de favoriser la construction des nids. Il faudra aussi planter quelques arbustes persistants afin de protéger les oiseaux pendant les longs mois d’hiver.

En permaculture, la haie qu’elle soit vive, champêtre, bocagère ou autre est considérée comme un écosystème à part entière nécessaire à la biodiversité.

La Ligue de Protection des Oiseaux (LPO)nous informe que « le merle noir (Turdus merula), le rougegorge familier (Erithacus rubecula), l’accenteur mouchet (Prunella modularis), le verdier d’Europe (Chloris chloris), le pinson des arbres (Fringilla coelebs), le bruant zizi (Emberiza cirlus), et beaucoup d’autres utilisent les enfourchures des branches pour accrocher leurs nids. » La haie constitue donc un lieu d’habitation idéal !

Qui dit lieu d’habitation, dit aussi lieu de nidification : celle-ci se produit au printemps. C’est pourquoi la LPO recommande de ne pas tailler sa haie à cette période, mais d’attendre la fin de l’été, afin que les oisillons aient quitté le nid. Si vous procédez à une taille, ou un débroussaillage en période de nidification, et que vous tombez sur un nid plein d’œufs, comme j’en ai fait l’expérience malencontreuse, celui-ci sera abandonné par les parents… Attention donc de se retenir de jouer de la cisaille avec l’arrivée des beaux jours : attendre la saison froide est plus recommandée, et ce, d’autant que les végétaux seront en repos végétatif.

La haie, un habitat partagé

Mais une haie accueille aussi des invertébrés, comme les insectes, les araignées ou les mollusques (limaces et escargots…), qui constituent une source de nourriture pour les oiseaux, les reptiles (tels que les lézards, les couleuvres ou les orvets) ou les amphibiens (crapaud commun).

On trouvera aussi des mammifères carnivores tels la fouine, le renard, l’hermine, ou des rongeurs comme le loir, l’écureuil, le campagnol roussâtre, le lapin, le lièvre, le muscardin, le lérot…

En permaculture, la haie qu’elle soit vive, champêtre, bocagère ou autre est considérée comme un écosystème à part entière nécessaire à la biodiversité.

Une haie pour créer un micro-climat

Nos anciens avaient déjà saisi l’intérêt des haies comme ensemble brise-vent.

Si l’on pense aux paysages de la vallée du Rhône, qui accueillent de nombreuses cultures fruitières et maraîchères, on observe que des haies hautes, composées de peupliers d’Italie (Populus italica) et de cyprès de Provence (Cupressus sempervirens) prennent place perpendiculairement à l’axe de la vallée. Ces haies ont pour vocation de briser les vents puissants qui peuvent intervenir dans le couloir rhodanien. Que ce soit la bise venue du Nord ou le mistral du Sud, les haies cassent la puissance du vent et protègent les cultures. Ces haies, comportant une espèce caduque (le peuplier) et une espèce persistante (le cyprès) permettent de filtrer le vent, d’atténuer les turbulences, de conserver la chaleur, de limiter le dessèchement et l’érosion.

On estime qu’avec une bonne haie brise-vent, celui-ci est atténué sur 10 à 15 fois la hauteur de la haie. Celle-ci devra comporter des arbustes et/ou des arbres de différentes hauteurs, qui seront plantés sur plusieurs rangs afin d’être réellement efficace.

En permaculture, la haie qu’elle soit vive, champêtre, bocagère ou autre est considérée comme un écosystème à part entière nécessaire à la biodiversité.

Les haies peuvent aussi contribuer à capter la chaleur du soleil, en formant des sortes de pièges solaires. Des cultures frileuses seront placées au cœur du système, qui développera une atmosphère plus douce qu’alentour amoindrissant les effets des gelées.

Haie vive, libre, champêtre ou bocagère ?

La haie vive

Une haie vive est constituée d’arbrisseaux et d’arbustes épineux : sa vocation est défensive. Cette haie défensive limite les intrusions, que ce soient celles de la grande faune (chevreuil, ou cerfs par exemple) ou des visiteurs. On peut renforcer cette fonction défensive en tressant les tiges des arbustes, au fur et à mesure de leur croissance, afin de constituer un maillage dense et peu pénétrable.

Dans la nature, lorsqu’un terrain est laissé libre de toute intervention humaine, vient s’installer après quelque temps ce que l’on nomme la « friche armée ».

C’est un ensemble de végétaux qui présentent tous des épines acérées. On trouve, par exemple, le rosier des chiens, l’aubépine, le prunellier, les ronces… C’est à l’ombre de ces végétaux et grâce à leur protection que pourront s’installer les fruitiers et les grands arbres. Leurs épines tiennent à distance les dents des herbivores, qui, sinon, dévoreraient avec appétit toutes les jeunes pousses arborées. L’homme prend donc exemple sur ce phénomène naturel lorsqu’il installe une haie vive. Il peut aussi s’inspirer des essences que la nature met spontanément en place pour l’aider au choix de ses plantations.

En permaculture, la haie qu’elle soit vive, champêtre, bocagère ou autre est considérée comme un écosystème à part entière nécessaire à la biodiversité.

Pour composer une haie vive on pourra employer les végétaux suivants :

L’épine-vinette (Berberis vulgaris), qui offre une attrayante floraison jaune, suivie de baies,

Le prunellier (Prunus spinosa), à la floraison printanière blanche, suivie de petits fruits noirs, comestibles après les premières gelées,

Le rosier des chiens (Rosa canina), aux floraisons variées, suivie d’une fructification rouge, extrêmement riche en vitamine C,

Le citronnier épineux (Poncirus trifoliata), dont les aiguillons sont très offensifs,

Le houx (Ilex aquifolium), ses feuilles épineuses, persistantes sont très dissuasives et ses élégants fruits rouges offrent une nourriture aux oiseaux pendant l’hiver,

L’olivier de Bohême (Eleagnus angustifolia), au feuillage persistant, est un grand arbuste adapté aux embruns. Sa floraison est discrète par sa taille mais son parfum est agréable. C’est aussi une plante fixatrice d’azote.

Le poivrier du Sichuan (Zanthoxylum simulans), qui est fortement épineux et produit des baies aromatiques utilisées en cuisine,

L’épine du Christ (Paliurus spina-christi), qui produit une floraison jaune visitée par les abeilles, suivie d’une fructification originale,

La ronce (Rubus sp.), qui a aussi l’avantage de fournir de savoureux fruits et d’être une bonne plante médicinale.

La haie libre

Une haie libre se composera d’essences variées, que l’on laissera se développer à leur aise. Le but est d’anticiper le déploiement des végétaux afin de ne pas avoir à venir les tailler. Chaque arbuste ou arbre est ainsi laissé libre de croître selon sa dynamique propre. Ce type de haie convient donc davantage aux grands espaces, ou, en permaculture, aux zones de faible entretien (zone 4/5).

La haie champêtre

Une haie champêtre se composera plutôt d’essences locales. Ces essences poussent spontanément dans nos campagnes et permettent de créer des haies qui sont adaptées aux conditions de sol et de climat. Ces végétaux sont pour la plupart caducs, bien qu’autour du bassin méditerranéen, on puisse trouver des essences persistantes (comme le pistachier, le chêne vert…).

Les haies champêtres présentent donc un aspect plus « sauvage », par opposition aux haies plantées d’essences horticoles. La composition de ces haies convient bien à la faune.

En permaculture, la haie qu’elle soit vive, champêtre, bocagère ou autre est considérée comme un écosystème à part entière nécessaire à la biodiversité.

Haie champêtre, haie vive – © P Charpiat – CC-BY-SA-2.0-FR

La haie bocagère

Les haies bocagères s’inscrivent dans un réseau, celui du bocage, qui a malheureusement disparu dans bon nombre de régions.

Les haies constituant le bocage servaient à délimiter les parcelles et à contenir le bétail avant l’invention du fil barbelé. Elles avaient un grand intérêt car elles participaient à la création d’écosystèmes. Ce maillage végétal s’inscrit pleinement dans les politiques de « trame verte » dont on entend parler aujourd’hui. Les espèces animales trouvent de quoi se nourrir, nicher et dormir : à la diversité végétale répond une diversité animale.

De plus, les haies bocagères, au-delà des lieux de séjour qu’elles constituent, forment aussi des couloirs pour les oiseaux qui les longent ou les traversent, ou encore des relais, lors de leur déplacement.

Par ailleurs, les haies bocagères offraient des ressources aux agriculteurs pour leur usage personnel (bois de chauffe, nourriture, auxiliaires de culture) mais aussi pour leur bétail : ombre des haies, plantes fourragères (pensons au feuillage du frêne que l’on peut offrir aux vaches), atténuation des écarts de température…

Les haies bocagères sont composées de végétaux locaux/endémiques, que l’on laisse souvent pousser comme bon leur semble. C’est le bétail, parqué dans les prés, qui se charge d’en assurer la taille.

En permaculture, la haie qu’elle soit vive, champêtre, bocagère ou autre est considérée comme un écosystème à part entière nécessaire à la biodiversité.

Heureusement, l’intérêt des haies en agriculture est aujourd’hui remis sur le devant de la scène : des agriculteurs, soucieux de leur environnement, se mettent à en replanter, pour récréer les agro-écosystèmes d’antan. L’agroforesterie relève également de ces principes.

La haie sèche

Une haie n’est pas forcément composée de végétaux « vivants », elle peut aussi être réalisée avec des végétaux morts ou secs, c’est ce que l’on appelle la haie sèche. Cette haie est établie à partir de « déchets verts », tel des branchages. Ces branchages, secs, seront disposés en longueur, au sol, et superposés les uns au-dessus des autres jusqu’à obtenir la hauteur souhaitée. Leur maintien est assuré par des piquets fichés au sol.

En permaculture, la haie qu’elle soit vive, champêtre, bocagère ou autre est considérée comme un écosystème à part entière nécessaire à la biodiversité.

Haie sèche – ©Semtcar – Rennes

Ce type de haie a de nombreux avantages :

Valoriser des restes de taille, qui deviennent ainsi des ressources, et non plus des déchets,

– Formation de corridors biologiques pour les animaux, qui y trouveront des zones de refuge, de cheminement ou de gîte,

– Elles peuvent aider à lutter contre l’érosion des sols, notamment en contexte maritime, en fixant les dunes, par exemple,

– Elles forment des « hôtels à insectes » linéaires,

– Par le biais de leur décomposition, elles fournissent un remarquable humus au sol,

– Ce sont d’excellents refuges pour certains mammifères, tels les hérissons (on recommande souvent de laisser dans son jardin un tas de bois sec pour permettre aux hérissons d’hiberner paisiblement)

– Les oiseaux la visitant, elles deviennent d’excellentes pépinières : les graines attrapées ou rejetées par les volatiles trouveront un milieu propice où se développer. C’est pourquoi une telle haie peut permettre l’installation progressive d’une haie champêtre parfaitement adaptée aux conditions du site, sans intervention humaine !

La haie coupe-feu

Les haies pourront aussi limiter l’avancée des incendies. Cet usage n’est pas à négliger, surtout dans le bassin méditerranéen, qui subit de nombreux dommages estivaux à cause du feu. Les haies pare-feu ont été largement développées par les permaculteur.rice.s australien.ne.s, qui doivent composer de manière récurrente avec ces contraintes (comme les incendies gigantesques de l’hiver dernier nous l’ont tristement rappelé).

Les plantes résistant ou retardant la propagation des incendies ont les caractéristiques suivantes :

– Elles contiennent beaucoup d’eau,

– Elles produisent peu de mulch ou de litière, ou leur litière se décompose rapidement,

– Elles ont un feuillage persistant, charnu ou plein de sève

Les espèces qui sont adaptées à cet usage sont souvent liées au climat chaud, de type méditerranéen, on trouvera par exemple :

– Le figuier (Ficus carica),

– Les saules (Salix sp.),

– Les mûriers (Morus sp.),

– Le coprosme (Coprosma sp.),

– Les agaves et les aloès,

– Les figuiers de Barbarie (Oppuntia sp.).

La haie plessée

La haie plessée est composée d’arbustes vivants que l’on aura fendu partiellement pour les incliner et les tresser les uns avec les autres dans le but de former une clôture vivante très robuste. Cette technique traditionnelle a, malheureusement, elle aussi été peu à peu abandonnée. On retrouve néanmoins quelques exemples en France, tandis qu’en Angleterre, les témoins sont plus nombreux.

En permaculture, la haie qu’elle soit vive, champêtre, bocagère ou autre est considérée comme un écosystème à part entière nécessaire à la biodiversité.

Pour mettre en place une haie plessée, il faut déjà avoir une haie, assez haute, en place. Ensuite, il s’agit de venir fendre la base des troncs ou des branches en partie, afin de pouvoir plier l’arbuste, puis l’entrelacer autour de piquets qui auront été préalablement implantés dans le sol. Tout comme le principe des fascines, les branches, ainsi couchées, vont être tressées en alternance à l’avant et l’arrière des piquets. Comme la branche ou le tronc n’a pas été sectionné dans son entièreté, la sève peut encore circuler et alimenter le végétal, qui va pouvoir poursuivre sa croissance. Cependant, de par cette action, la croissance de la haie sera moins rapide.

Cette technique s’utilise plutôt sur des arbustes encore relativement jeunes, car leur bois doit être assez souple, en vue du tressage. On réalisera une telle haie pendant l’hiver, afin de ne pas déranger les végétaux en pleine croissance, mais aussi leurs hôtes.

La haie plessée est très costaude, elle était auparavant largement utilisée pour empêcher les bestiaux de divaguer, et constituait une clôture efficace pour protéger le potager de l’appétit des animaux.

Quelle haie pour mon jardin ?

En permaculture, la haie qu’elle soit vive, champêtre, bocagère ou autre est considérée comme un écosystème à part entière nécessaire à la biodiversité.

Le choix d’un type de haie ou d’un autre dépendra de l’usage que l’on veut en faire, de la place dont on dispose et du temps que l’on peut lui consacrer.

J’ai de l’espace

Dans un espace important, le jardinier pourra opter pour une haie libre. Dans ce cas, arbres, arbustes et arbrisseaux pourront déployer tout leur potentiel de croissance sans que l’on intervienne pour venir les tailler. Cet ensemble planté revêt un aspect naturel, ses dimensions conséquentes contribuent à assurer plusieurs fonctions. Elles sont adaptées à former de bons écrans brise-vent : le vent s’engouffrant dans un épais manteau végétal, sa vitesse est amoindrie et ses dégâts sont limités. La haie libre formera aussi une zone de refuge pour la faune, qui ne sera pas dérangée par les lames du taille-haie en pleine nidification !

J’ai besoin de protection

Si vous souhaitez mettre en place une haie pour limiter les intrusions, la haie défensive est la bonne option. La plantation d’arbustes épineux avec l’entrelacs de leurs branches composera une barrière naturelle efficace. Mais le revers de la médaille est aussi que si les intrus s’y piquent, le jardinier ou ses enfants également ! Attention donc aux usages qui seront faits à proximité immédiates de la haie vive.

Je veux favoriser la biodiversité

Une haie champêtre se composera d’essences variées, leur choix permettra d’offrir des floraisons échelonnées, ainsi que des fructifications abondantes, utiles à la faune. L’idée d’une haie champêtre est à l’opposé d’une haie monotype, qui n’est rien d’autre qu’une monoculture d’arbustes, comme le sont nos champs en culture conventionnelle.

On évitera ainsi les éternelles haies de thuya ou de laurier palme qui offrent toujours le même visage, quel que soit la période de l’année : quelle tristesse ! De plus, elles ont un intérêt des plus limités pour la faune, et forment des écrans verts qui n’ont pas grand-chose à envier aux murs en béton de nos villes…

La haie champêtre affichera un riant visage fleuri au printemps, suivi de différentes teintes de vert pendant l’été, pour finir avec des fructifications variées et colorées en automne : tableau, me semble-t-il, bien plus enviable qu’un écran en thuyas !

En permaculture, la haie qu’elle soit vive, champêtre, bocagère ou autre est considérée comme un écosystème à part entière nécessaire à la biodiversité.

Quelles plantes dans ma haie ?

Arbustes caducs, persistants ou marcescents ?

Selon l’usage que l’on souhaite en faire, une haie pourra contenir uniquement des essences caduques, ou être mixte, avec des essences caduques et persistantes.

Certains arbustes, tel le charme et le hêtre sont dit « marcescents », c’est-à-dire qu’ils conservent leurs feuilles sèchent sur les rameaux pendant l’hiver, avant de s’en débarrasser au printemps suivant, avec la venue de leurs nouvelles feuilles. Les feuilles des charmes et des hêtres tintent joliment dans le vent pendant l’hiver, animant d’un froufroutement léger le jardin. Ils participent à conserver la fonction « écran visuel » que la haie peut avoir.

Si l’on opte pour une haie persistante, il faudra veiller à ne pas former de nouveaux « murs végétaux », et faire en sorte de varier les espèces. Toute monoculture est à proscrire : en effet, si un végétal tombe malade, le mal se propage rapidement d’un sujet à l’autre, pouvant ainsi décimer la haie entière. La diversité est gage d’une meilleure résilience et de plus de gaîté !

La haie un atout esthétique

Dans tous les cas, une haie peut procurer une valeur esthétique non négligeable au jardin, aussi il convient de bien la composer !

Les haies participent aussi à la composition du paysage dans lequel elles s’insèrent : leur positionnement sur le territoire pourra souligner avantageusement des cheminements, ou bien masquer des éléments bâtis disgracieux. Disposer des haies sur des terrains en pente permettra aussi de lutter contre l’érosion et de retenir le sol.

En permaculture, la haie qu’elle soit vive, champêtre, bocagère ou autre est considérée comme un écosystème à part entière nécessaire à la biodiversité.

Pour conclure sur les haies !

Nous l’avons vu, les haies peuvent être d’un grand intérêt et d’une richesse importante pour l’environnement, encore faut-il bien choisir ses végétaux. Il faudra aussi planifier ses plantations, de préférence à l’automne et en hiver, pour permettre aux végétaux de développer leur système racinaire durant l’hiver. Nous vous invitons à vous rapprocher de vos pépiniéristes locaux, qui seront de bons conseils pour vous aider dans vos futures plantations !

Ci-dessous, quelques recommandations de livres pour aller plus loin !

 

Anais Jeunehomme

Anaïs Jeunehomme, paysagiste conceptrice, certifiée en permaculture. Je conçois, avec l’Atelier l’Embellie des jardins inspirés des principes de la permaculture, adaptés au lieu et à ses habitants, valorisant les ressources existantes, où les plantes sont belles mais aussi comestibles, médicinales, mellifères ou amélioratrices du sol. Car un jardin est un lieu de ressourcement et de bien-être, mais aussi une pierre supplémentaire dans l’édification d'une société plus écologique et durable.

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« Planter des haies »

Haies composées, haies d'aujourd'hui

Dominique Soltner
112 pages, édité chez Collection science et technique agricole » en 2013.

Prix : environ 26 €

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« Collection science et technique agricole »

Trees for Gardens, Orchards and Permaculture

« Plantez votre haie naturelle ! »

Gourmande, fleurie, nichoir…

Rémy Bacher et Yves Perrin
192 pages - édité par Terre Vivante en 2014.

Prix : environ 20 €

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« Plantes des haies champêtres »

Christian Cogneaux et Bernard Gambier
296 pages - édité par les éditions Rouergue en 2014.

Prix : environ 29,9 €

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A propos de l'auteur

Anaïs Jeunehomme

Anais Jeunehomme Anaïs Jeunehomme, paysagiste conceptrice, certifiée en permaculture. Je conçois, avec l’Atelier l’Embellie des jardins inspirés des principes de la permaculture, adaptés au lieu et à ses habitants, valorisant les ressources existantes, où les plantes sont belles mais aussi comestibles, médicinales, mellifères ou amélioratrices du sol. Car un jardin est un lieu de ressourcement et de bien-être, mais aussi une pierre supplémentaire dans l’édification d'une société plus écologique et durable.

6 Commentaires

  1. Avatar

    bonjour Anais le remembrement a détruit les haies dans certaines région , moi je suis dans la creuse du coté aubusson et les haies ont été préservée dans la plus part des cas en tout cas merci pour cet article a bientot, j espere que le mode de culture va s inverser et que l on s orientera de plus en plus vers une culture responsable dans le respect du vivant . bisous bisous a tous

    Réponse
    • Anaïs Jeunehomme

      Bonjour Patrick!
      Contente de savoir que dans la Creuse le bon sens paysan a conservé les haies! Néanmoins, il faut toujours veiller au grain, car leur destruction reste trop courante!

      Réponse
  2. Avatar

    bonjour et merci pour tous ce bons conseils; je suis justement en train de refaire une haie, et je tiens à ce qu’elle continue d’accueillir tous les oiseaux qui sont en nombre important dans mon jardin , et de former une douce séparation entre mon terrain et celui de mon voisin…. merci et belle journée! Sylvie

    Réponse
  3. Avatar

    Bonjour, à propos des haies, j’en ai plus de 400 mètres à planter. Comment faire ? Le nombre de trous va à 5 à 600, et acheter les plans en jardiner ie ou chez un pépiniériste reste inaccessible. Des idées ?

    Réponse
    • Anaïs Jeunehomme

      Bonjour Eric,
      Vous avez plusieurs options pour répondre à votre problématique. Si vous êtes préssé, l’achat de plants est nécessaire, en revanche, si vous avez du temps, les systèmes D existent!
      Vous pouvez faire des boutures, à l’automne, et les mettre directement en place. Allez-y généreusement sur la quantité/la densité, sur le lot, certaines prendront et d’autres non. Ces boutures vous pouvez les faire autour de vous (dans la « nature ») ou en les récupérant dans votre terrain, ou demander aux amis de vous fournir des rameaux.
      En parlant d’amis, vous pouvez aussi les solliciter pour aller récupérer de jeunes rejets d’arbustes dans leurs jardins : nous avons tous dans nos jardins des « bébés » plantes qui se développent, que nous ne voulons pas forcément et qui seraient bien mieux ailleurs.
      Une autre idée serait de semer, ce qui est là aussi assez long, mais efficace car seules les plantes qui conviennet à l’emplacement se développeront.
      Une dernière solution serait d’installer des piquets et des fils en métal sur tout le linéaire à planter. Les oiseaux viendront se poser dessus, et, en soulageant leurs intestins à cet emplacement, ils planteront naturellement une haie! De plus, vous bénéficierez de la levée de dormance de leurs sucs digestifs.
      Ne rien faire et laisser la végétation se développer à l’emplacement de la haie, dont les ronces, est une ultime option très efficace : la nature a horreur du vide et les arbustes croitront naturellement au milieu des broussailles. En revanche, toutes ces solutions ne fonctionnent qu’avec des plantes indigènes et spontanées.

      Réponse

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