Saviez-vous que l’hiver est la période idéale pour créer des arbres trognes ou arbres têtards ?

Et qu’avoir des trognes au jardin est vraiment un super atout pour sa résilience générale !

Les avantages de cette forme ancestrale de conduite des arbres sont, en effet, très nombreux, notamment pour la biodiversité.

Pour vous en parler, nous laissons la parole à un passionné de nature et de biodiversité, Gilles Leblais, qui a créé de nombreuses trognes dans son jardin.

Il peut maintenant observer avec bonheur la vie sauvage investir ces véritables havres de paix naturels que sont les arbres têtards.

Vous verrez aussi, dans cette vidéo, différentes trognes réalisées chez Gilles, comment les faire, avec quelles essences d’arbres et pour quels bénéfices !

Au bureau d’études, nous sommes de grands partisans des trognes, et nous souhaitons que vous soyez de plus en plus nombreux à en réaliser chez vous.

C’est pourquoi nous mettons ces arbres vénérables à l’honneur ici et nous espérons que cela vous donnera envie de réaliser vous aussi des trognes dans votre jardin!

Gilles Leblais est un photographe nature, ornithologue, conférencier, auteur et journaliste naturaliste qui souhaite réenchanter notre regard et nous émerveiller avec les beautés et curiosités de la nature pour mieux la respecter et l’accueillir dans notre quotidien !

Il nous a ouvert les portes de son jardin Paradis à Velanne en Isère pour une série de vidéos sur la nature et la biodiversité au jardin.

Nous espérons que ça vous plaira !

⚠️ Ci-dessous une retranscription texte de la vidéo :

Des trognes de saule au potager

Les arbres têtards, on les appelle aussi les arbres trognes, parce qu’ils ont une belle trogne, c’est le cas de le dire, ce qui va créer au fur et à mesure du temps des nodosités des fois, des cavités, qui vont être d’une richesse hyper importante pour la faune.

Trognes de saule marsault vieilles de 12 ans à l’entrée du petit potager.
Trognes de saule marsault vieilles de 12 ans à l’entrée du petit potager de Gilles Leblais dans son jardin Paradis en Isère.

Alors là, vous êtes à côté du potager donc, c’est du saule marsault. J’ai pris une branche grosse comme mon pouce et je l’ai piquée dans le sol et enfoncée de 20-25 cm et tous les saules ont la possibilité, à partir d’un terrain qui soit assez frais, de repartir automatiquement.

Ils vont faire des racines.

L’eau de saule pour vos boutures

L’eau de saule, si vous mettez des petits morceaux de bois coupés de saule dans un seau d’eau, il va y avoir une enzyme qui va se mettre en place et notamment quand vous voulez recéper vos cassissiers ou framboisiers au printemps.

Cette eau de saule va permettre à vos cassissiers, vos framboisiers de refaire des racines dans cette eau de saule avec des petits morceaux de bois de saule.

Comment faire une trogne ou taille en têtard ?

Donc un morceau de bois de saule pour les arbres têtards, vous le plantez, il va faire ses racines.

Ça peut arriver que ça capote, mais la plupart du temps, ça fonctionne tout le temps.

J’ai planté ça, voilà aujourd’hui ce que ça donne 12 ans après.  L’arbre a pris son ossature et donc, je laisse pousser et tous les ans suivant mon besoin ou tous les trois ou quatre ans, je vais lui tailler sa tête.

Taille en têtard sur saule marsault avec conservation de tire-sèves.
Taille en têtard sur saule marsault avec conservation de tire-sèves réalisée par Gilles Leblais à l’entrée de son potager en permaculture.

Je laisse un tire-sève sur à peu près une hauteur comme ça : 10 cm. Ce qui va permettre de faire repartir d’autres branchages.

Pourquoi tailler un arbre en trogne ou en têtard ?

Des trognes pour la biodiversité

L’intérêt de trogner, c’est-à-dire de tailler la tête de l’arbre va être pour la biodiversité et ça se fait pendant l’hiver.

Tous ces rejets, on les taille au fur et à mesure et au gré du temps. C’est ce qui se faisait autrefois.

En trognant, on va créer des parties anciennes avec des cavités qui pourront permettre à des oiseaux cavicoles donc qui ont besoin de l’obscurité pour nicher, de nicher à l’intérieur.

Mais également ça peut être des chauves-souris ou d’autres micromammifères comme le muscardin, les mulots qui pourront se mettre dedans.  Même dans des bocages réussis ou même au sein du jardin, j’ai pu constater ailleurs, il peut y avoir l’hermine qui grimpe et qui va s’abriter dans un trou ou qui va y chasser.  De toute façon, ça peut être aussi un poste de guet, une fois que c’est taillé, pour la chouette chevêche.

Exemples de biodiversité photographiés dans des trognes ou arbres têtards : chouette Chevêche d’Athena, oreillard roux, hermine, torcol fourmilier femelle
Les trognes sont de véritables refuges pour la biodiversité dont voici quelques exemples photographiés par Gilles Leblais dans son jardin : une chevêche d’Athena (en haut à gauche), un oreillard roux (en haut à droite), une hermine (en bas à gauche) ou encore un torcol fourmilier femelle (en bas à droite). © Gilles Leblais, photographe de la vie sauvage.

Des trognes pour l’usage humain

Il y a plein d’intérêts de tailler pour la biodiversité et l’autre intérêt, ça va être pour nous. Parce qu’avec ces rejets, on peut tailler et en faire des beaux murets de branchages comme on a fait ici.

On peut aussi en faire du BRF qui servira de mulch dans votre jardin en permaculture.

Autrefois, ils coupaient tout ça pour en donner du frais en branchage au bétail entre autres.

Et si on espace les tailles, en suivant la logique de l’arbre trogne ou têtard comme ça se faisait autrefois, on va tailler une première année pendant l’hiver. Puis, on attend trois, quatre ans et là, on va en faire du bois énergie.

C’est-à-dire que les branches vont être beaucoup plus grosses. Ce sera le même principe de taille sauf que les branches que vous allez récupérer sur votre trogne pourront servir de bois de chauffage entre autres.

À l’ombre d’une trogne : une protection contre les étés caniculaires

Il y a plein de possibilités avec l’arbre têtard.

Là on est plutôt à cette saison, fin d’été avec une ombelle avec ce saule têtard à l’entrée du potager qui crée un coin de fraîcheur notamment avec l’été caniculaire qu’il y a eu, ça a permis de protéger certaines plantes, d’avoir un semi-ombrage.

Pendant l’hiver, je vais tailler.

Est-ce que j’attendrai cette année ou l’autre ? Je sais pas encore, mais en tout cas, il y aura toujours un intérêt dans le jardin pour ce type d’arbre.

Quels arbres utiliser pour faire des trognes ?

Alors il y en a plein de différents.

On a parlé des saules, moi j’utilise également les noisetiers, parce que les rejets de souches notamment, je les laisse pousser trois à cinq ans.  Ça va me servir pour les piquets, mais plus jeunes, sur ces tailles-là, ça va me servir pour tresser également parce que le noisetier, c’est un bois très souple.

Muret de branchages tressés avec les résidus de tailles en trogne ou en têtard.
Muret de branchages tressés réalisé avec les résidus de tailles en trogne ou en têtard réalisées au jardin par Gilles Leblais.

Ça me rappelle ma jeunesse, quand je faisais ma gaule pour aller pêcher, elle était en noisetier.

Donc le noisetier, on a parlé des saules, il va y avoir des trognes de frêne.

J’utilise également le sureau. Alors ça, c’est des tiges creuses, mais ça peut être souple également.

Le châtaignier autrefois était utilisé. Les rejets, si on taille en trogne un châtaignier, pareil, ça peut être utilisé.

Je teste également sur des érables notamment sur l’érable sycomore, là, c’est le cas devant nous, l’érable sycomore, sur des érables champêtres et dernièrement sur des merisiers.

Comment tailler un arbre en têtard : l’exemple d’un merisier

Ça c’est un merisier qui s’était implanté à côté du cabanon.

J’ai décidé de le laisser là et plutôt que de le laisser partir en plein vent et qu’il devienne un arbre immense, là, j’étais à 5 cm au niveau diamètre, c’est la bonne taille pour commencer la première taille d’un arbre têtard ou arbre trogne.

L’hiver dernier donc, j’ai taillé la tête (étêté).

J’ai laissé ce qu’on appelle des tire-sèves voilà.

Et de ces tire-sèves sont reparties plein de branches et même ailleurs.

Exemple de taille en trogne ou en têtard sur un merisier.
Exemple de taille en trogne ou en têtard sur un merisier réalisées par Gille Leblais dans son jardin Paradis.

Je vais laisser trois, quatre ans l’arbre se refaire sa tête et dans trois, quatre ans, je taillerai à nouveau pour laisser pousser. Ça, c’est une première possibilité.

Deuxième solution, c’est là par exemple, j’ai taillé au printemps, le printemps suivant, je peux recouper de la même manière. Je taille un petit tire-sève, je coupe de façon à avoir toujours des petites branches comme ça, qui me serviront pour la création des murets ou faire un treillis quelque part, un petit muret simple en tressage pour retenir de la terre…

Enfin il y a plein de possibilités à faire.

Des trognes au jardin pour protéger la biodiversité et se reconnecter à la nature

L’arbre trogne dans le jardin sur différentes espèces donc, que ce soit le frêne, que ce soit les saules, etc. ou ici un merisier, va avoir son intérêt dans un jardin.

Faire des arbres têtards est intéressant notamment dans la haie ou en bout de haie ou autour d’un verger, mais de toute façon à un endroit ou l’autre du jardin, il est intéressant aussi, surtout aujourd’hui, pour protéger cette biodiversité.

Les haies de permaculture

Pour attirer un maximum de biodiversité chez vous tout en vous protégeant des pollutions, du gibier, des regards et en produisant du bois, de la nourriture, etc. découvrez nos compositions de haies en permaculture !

Il est important de continuer ce travail qui a été fait autrefois par nos ancêtres.

Aujourd’hui, il est de moins en moins pratiqué, parce que les agriculteurs veulent aller plus vite, la machinerie agricole a pris le dessus, malheureusement.

La taille en trognes était pourtant une des rares choses avec le bocage qui nous permettait d’être en lien étroit avec la nature et savoir être en harmonie avec elle.

Ces pratiques anciennes de taille ont toutes leurs utilités comme les arbres têtards ou arbres trognes jusque dans nos jardins. 

Parce qu’ils vont non seulement nous permettre de réapprendre à être en contact intime avec le vivant, mais aussi continuer à être en harmonie pour protéger la biodiversité.

Exemples de biodiversité appréciant les trognes ou arbres têtards : un grimpereau des jardins, une aromie musquée, un campagnol roussâtre, une sittelle torchepot.
Grâce aux trognes, on protège la biodiversité dont voici quelques exemples photographiés par Gilles Leblais dans son jardin : un grimpereau des jardins (en haut à gauche), une aromie musquée (en haut à droite), un campagnol roussâtre (en bas à gauche), une sittelle torchepot (en bas à droite). © Gilles Leblais, photographe de la vie sauvage.

Un livre sur les trognes pour en savoir plus

Pour approfondir vos connaissances sur les arbres têtards ou trognes, de leurs origines à leurs utilisations paysannes, mais aussi les mythes et légendes que ces arbres ont véhiculés, comment les créer, pour quels bénéfices…, nous vous conseillons l’excellent livre de Dominique Mansion intitulé « Trognes, l’arbre paysan aux mille usages » à découvrir plus en détail dans notre article dédié.

Maintenant à vous de jouer, à vos tailles, prêts, trognez 😉 !

Les Trognes

L’arbre paysan aux mille usages

Dominique Mansion

Édition Ouest France

Environ 22 €

Amazon     FNAC     Decitre     Unithèque

Un livre sur le bois mort complémentaire aux trognes

Et pour aider toujours plus la biodiversité à trouver refuge dans votre jardin et y rester, découvrez également notre article sur le livre de Gilles Leblais sur les branchages et bois mort au jardin, véritables trésors pour la biodiversité.

Branchages et bois mort au jardin

Des trésors pour la biodiversité

Gille LEBLAIS

Édition Terre Vivante

Environ 15 €

Amazon     FNAC     Decitre     Unithèque

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