Qu’est-ce que le « wicking bed » ?

Derrière cet anglicisme se cache un système de culture utilisé fréquemment en permaculture car très intéressant.

On pourrait traduire ce dernier par « une jardinière autosuffisante », beaucoup moins fun me direz-vous… n’hésitez pas à nous proposer des noms après lecture de l’article, si celui-ci vous inspire.

Pour simplifier, le wicking bed est un système de culture éventuellement mobile, en jardinière ou bac donc « hors-sol », et complètement autosuffisant en eau et en fertilisant si on le souhaite.

Les avantages sont énormes dans certains contextes où le hors-sol est inévitable : culture sur béton, parking, toiture, sols incultes, etc.

De plus, on diminue les intrants énergétiques, car, une fois bien installé de façon pertinente dans votre design, ce système demande moins de travail :

  • pas ou très peu d’arrosage,
  • jardinage en hauteur qui facilite la tâche
  • pas besoin d’intrants chimiques non plus, pas d’engrais, ni de pesticides-désherbants/polluants.

Le wicking bed c’est pour qui  ?

Ce système de bac de culture surélevé est particulièrement adapté pour les milieux urbains, les toitures, les endroits où le sol fertile n’est plus accessible.

Étant donné sa possible mobilité, il peut aussi convenir à des lieux publics, touristiques, pédagogiques, etc.

La hauteur de ce type de bac en fait un support de culture parfaitement adapté pour les personnes en fauteuil ou à mobilité réduite.

On pourrait tout à fait penser à des déclinaisons professionnelles dans des lieux où la culture maraîchère serait difficile, je pense encore une fois aux milieux urbains.

Wicking bed : une sorte de jardinière avec réserve d’eau, mais comment ça marche ?

Fonctionnement de ce type de jardinière

Le principe de fonctionnement d’un wicking bed est très simple.

On peut le décomposer en 7 éléments principaux :

  • Un contenant (un bac étanche ou rendu étanche).
  • Une grosse couche de substrat drainant en fond de bac (en général du gravier) où va être stockée l’eau.
    Attention, pour ce drain, il conviendra d’employer des matériaux non compactables et ne s’érodant pas facilement, opter plutôt pour des galets ou des cailloux de type diorites.
  • Un complexe de tuyaux insérés au sein de la couche drainante, répartissant uniformément l’eau, avec un tuyau vertical pour l’alimentation.
  • Un trop-plein.
  • Un géotextile placé au-dessus de la couche drainante (évite aux différentes couches de se mélanger et limite le perçage par les racines des plantes annuelles), généralement on choisira un géotextile d’au moins 200 gr/m2.
  • Le sol/la terre que vous pourrez récupérer lors d’un terrassement éventuel près de chez vous (terre végétale uniquement) ou que vous pourrez acheter sous forme de terreau de plantation.
  • Un mulch ou paillage qui servira de couverture de sol.

Un bac de culture connecté directement aux gouttières de sa maison c’est bien… mais savoir évaluer sa capacité à capter et stocker de l’eau… c’est encore mieux et cela ne doit pas se négliger!

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Un 8eme élément peut facilement etre ajouté et conférer une autonomie encore plus grande à cette jardinière un peu spéciale, il s’agit d’un vermicomposteur pour l’apport de fertilité intégré au substrat de culture permettant de fertiliser en continu le wicking bed.

En insérant un tuyau large (10 cm ou plus) troué dans sa partie enterrée, et en y jetant nos déchets verts, vous encouragerez les vers et micro-organismes à faire leur travail de fertilisation.

Ils vont donc réduire les matières organiques puis les exporter vers l’ensemble du milieu.
Si besoin, vous pourrez introduire manuellement les premiers vers dans ce compost pour faciliter sa « mise en route ».

La fertilité de l’ouvrage sera ainsi assurée.

L’autonomie possible en eau et en fertilité fait tout l’attrait de ce système, vous l’aurez compris.

Voilà pour le principe général, mais sachez qu’il existe des wicking beds beaucoup plus complexes et que la créativité et la recherche sur le sujet nous réservent sans doute encore de belles trouvailles.

N’hésitez pas à mettre en pratique vos idées !

Le design de vos wickings beds : quelles formes et quelles dimensions ?

Il n’y a pas de dimensions particulières pour réaliser un wicking bed.
Vous pouvez soit travailler sur des petites dimensions (carré généralement autour de 1 m), soit sur des « bandes de culture » d’une largeur de 60 à 120 cm, qui peuvent atteindre dans ce cas plusieurs mètres linéaires dans leurs longueurs.

Un jardin entier peut donc être conçu entièrement sous forme de wicking beds. Nous l’avons vu plus haut, le design est également à adapter à votre capacité à récupérer de l’eau sur votre terrain.

Les dimensions peuvent être influencées également par les matériaux employés, surtout si ceux-ci sont recyclés.

Petit rappel, au cas où vous l’auriez envisagé, n’utilisez jamais de traverses de chemin de fer, car elles contiennent des substances toxiques cancérigènes. Attention, ne pas confondre les « vraies » travers de chemin de fer recyclées des voies, qui sont toxiques, avec les traverses paysagères que vous trouverez chez votre revendeur de bois, souvent en chêne et qui elle, seraient parfaitement adaptées (évitez également les traverses en pin autoclave qui sont traitées et nocives pour l’environnement)

Comment fabriquer un wicking bed pour votre jardin en permaculture ?

Vous trouverez ci-dessous des plans montrant comment est constitué l’intérieur d’un wicking bed.

Vous pouvez vous en inspirer pour fabriquer vos propres wicking beds en adaptant les formes, dimensions, profondeur de terre, épaisseur du drain à votre contexte propre.

Faites-vous confiance sans oublier d’intégrer cet élément wicking bed à votre design en permaculture global et donc en essayant de suivre les principes de permaculture pour le faire le plus pertinemment possible !

Gardez notamment en tete que cet élément wicking bed :

  • peut remplir plusieurs fonctions dans votre jardin en permaculture (création de micro-climats, effets de bordure, structuration de l’espace…).
  • doit etre placé selon ses relations avec les autres éléments afin de vous permettre d’augmenter son efficacité et économiser de l’énergie ou du travail.
  • est à intégrer plutot que séparer dans votre conception globale 😉
Comment construire un wicking-bed

Avantages des wicking beds

  • Permet de mettre en place une culture rapidement n’importe où (contexte urbain, sols incultes…).
  • Nécessite peu d’espace.
  • Réduit presque complètement les interventions liées à l’arrosage.
  • Réduit la corvée de l’eau (charges lourdes) ou la supprime complètement avec la mise en place d’un système adéquat.
  • Supprime les problèmes liés à l’arrosage intensif, cela est souvent le cas dans un jardin partagé à cause d’une mauvaise communication entre les participants, ou simplement par peur que les plantes manquent d’eau.
  • Le sol est toujours bien drainé, même en cas de fortes pluies.
  • Travail ergonomique grâce à la hauteur du bac.
  • Adapté à toutes les générations et handicaps : enfants, adultes, personnes âgées et personnes à mobilité réduite.
  • Évite la minéralisation de la terre provoquée par l’évaporation de l’eau. En effet, dans le cas d’un arrosage classique (par le haut), si votre eau est dure, lors de son évaporation les sels minéraux restent en surfaces et s’accumulent avec le temps.
  • L’eau se trouvant en fond de bac et remontant par capillarité, permets aux plantes de développer des racines profondes.
  • Étant surélevés, les wicking beds, se réchauffent plus vite au printemps.
  • Supprime les problèmes habituels d’assèchement plus rapide des plates-bandes surélevées

Inconvénients des wicking beds

  • Ils sont plus chers qu’une culture en pleine terre.
  • Nécessite un investissement en temps pour les concevoir et les réaliser.
  • Étant surélevés, les wicking beds, se refroidissent plus vite en automne
  • Ne convient pas pour les cultures ayant besoin d’un enracinement profond ou craignant l’humidité constante

Le wicking bed : un bac de culture pour un potager autonome ?

Un potager autonome, c’est le reve ultime de tout.e jardinier.ière, on vous le concède !

Avec le wicking bed, on se dit qu’on peut le toucher du doigt car c’est vrai qu’on gagne clairement en autonomie en se retirant quasi-complètement la corvée d’arrosage.

L’ajout du vermicomposteur permet en plus un maintien de la fertilité…meme si des apports autres (mulch et matières organiques en mélange, fixateur d’azote, compost…) peuvent quand meme rester nécessaires selon le type de cultures choisie.

Mais ne nous emballons pas tout de meme, car pour un potager constitué de légumes annuels classiques (tomates, courgettes, salades, carottes, radis…) on aura toujours besoin de semer, planter, transplanter, mulcher, voire tuteurer, tailler, soigner si besoin… bref d’intervenir pour une production nourricière significative !

Petite aide complémentaire si vous avez réussi vos cultures de légumes annuels et que vous souhaitez conserver vos graines pour les années suivantes (ce qui est une très bonne pratique!), nous avons conçu le sachet idéal.

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Si on parle de légumes potager vivaces, on fait déjà un pas de plus vers ce reve car le travail à fournir pour obtenir une récolte est encore plus réduit.
Le hic par rapport au wicking bed sera ici que la plupart des légumes potagers vivaces nécessite une profondeur de sol assez importante qu’il sera difficile d’obtenir avec un wicking bed…

Si c’est un potager de vivaces autonome que vous recherchez, le wicking bed ne sera donc pas forcément le bon support… un potager 3P conviendra mieux 😉 !

Optimisation possible du système wicking bed :

Si vous disposez d’un terrain en pente, vous pouvez mettre plusieurs wicking beds en série, en branchant le trop-plein du premier sur l’alimentation du second et ainsi de suite.

De même, vous pouvez brancher directement la descente de votre gouttière sur le premier bac et vous obtenez une série de wicking beds entièrement autonome en eau à l’année.

illustration Wicking-Bed Chainage_1

Partant de là, vous avez de quoi vous éclater en faisant votre design incluant vos wicking beds avec des possibilités de circulations et diffusions de l’eau de bacs en bacs et au-delà sur votre terrain qui peuvent etre très créatives et source d’une résilience remarquable !

N’hésitez pas à nous partager vos idées ou réalisations en commentaire !

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Cet article a été rédigé par l’équipe de notre Bureau d’étude Permaculture Design.