Créer collectivement un jardin-forêt en permaculture : épisode 2, les premières plantations

Créer collectivement un jardin-forêt en permaculture : épisode 2, les premières plantations

Comme je l’ai évoqué dans l’article consacré à la genèse de notre forêt-jardin ; en décembre 2016, nous avons alloué un budget à la forêt comestible pour l’année 2017. Avec une enveloppe de 2 100 euros, il ne restait plus qu’à s’y mettre pour de bon. Voici un aperçu de ce qui s’est passé en décembre, janvier et février derniers.

On plante, on plante, on plante au jardin-forêt ?!

Avant de planter, il faut concevoir correctement ! Si le micro design, dans notre cas, est déjà pris en charge par les guildes végétales de Permaculture Design, il a fallu voir comment intégrer ces guildes entre elles, et avec les différents points de contact de la parcelle choisie. Un premier plan (visible dans l’article précédent) avait certes été établi en novembre 2016, mais rien ne résiste à l’épreuve du terrain !
Mi-janvier, Lisa et Kenny ont commencé à baliser les guildes sur la parcelle, et ô surprise ! Ça ne s’est pas passé comme prévu…

Suivi de la création d’un jardin forêt comestible en permaculture.

Lisa en pleine mesure de la guilde du prunier.
© Grégor Alécian

En cause, une déformation d’images satellites et un empilement de petites approximations lors de la conception. Rien ne remplace les mesures sur le terrain ! Conséquence : certaines guildes ont dû être un peu déplacées. Du bon côté des choses, nous nous sommes retrouvés avec un peu plus de place que prévu, ce qui a permis de caler la guilde partielle (partielle, car amputée de moitié en surface) du cerisier dans la bordure Est.
Voici le plan actuel de la forêt-jardin en année 1, mis à jour il y a peu par Lisa.

Suivi de la création d’un jardin forêt comestible en permaculture.

Parenthèse technique : seules cinq guildes seront complètes en année 1 (2017). Les autres seront incomplètes (arbres et arbustes uniquement), à la fois pour cause de limites budgétaires, mais aussi pour pouvoir évaluer la reprise des plantes sélectionnées sur notre sol, et mesurer la quantité de travail nécessaire à tout implanter et ne pas se surcharger. Quand on voit le travail que cela nous a déjà demandé, on ne regrette pas d’avoir limité nos ardeurs cette première année !

Je reviens au balisage : celui-ci s’est terminé le 19 janvier 2017. Les guildes étaient délimitées, et n’attendaient plus que leurs membres !

« Bon, on plante ? » Bientôt, bientôt. Mais pendant ce temps, et tout au long de l’hiver, un travail au moins aussi important que le design a dû précéder toutes les commandes.

Les bons comptes font les bons semis.

Il a fallu affiner les budgets et répartir les achats entre les fournisseurs.

Ce dernier point a été un de nos plus gros chantiers, de fin décembre 2016 à fin mars 2017. La grande diversité d’essences proposées dans les guildes végétales implique de bien s’organiser si l’on veut choisir soi-même ses fournisseurs.

Une des raisons pour laquelle nous avons pris cette décision cette année est que nous avons voulu choisir spécifiquement nos cultivars, et diversifier la provenance de nos fruitiers. Une partie des fruitiers ont été commandés déjà conduits (déjà « formés » par un pépiniériste) et vieux de six ans. D’autres ont été commandés auprès du conservatoire végétal régional pour des variétés locales. Pour finir, nous avions quelques scions de pêche de vigne qui végétaient collés les uns contre les autres au potager depuis l’an dernier, c’était l’occasion de les mettre en terre correctement.
Pour chaque arbuste, chaque plante herbacée, nous avons compulsé une multitude de données de fournisseurs. Pour finir, nous avons regroupé les commandes sur un minimum de fournisseurs pour les centraliser au maximum et limiter les frais de port.
Je vous laisse imaginer la quantité de travail que ça représente pour environ 70 espèces de plantes différentes ! L’usage intensif d’un tableur nous a bien aidé.

Suivi de la création d’un jardin forêt comestible en permaculture.

Un des (nombreux) tableaux auxquels nous avons eu recours pour nous organiser…

Au final, nous n’avons pas de regret sur ce mode de fonctionnement, même si nous l’ajusterons pour l’an prochain. Il nous a permis, tout en faisant nos recherches de fournisseurs, d’approfondir nos connaissances sur chaque plante prévue dans les guildes.

Les mains dans la terre, enfin.

Le premier lot de plants est arrivé vers le 20 janvier 2017, et a été planté dans la foulée. Douze baguenaudiers et un sureau, répartis entre les guildes des pêchers, cerisier, et noisetier. Premiers plants, première erreur ! Nous les avons stockés dans une serre délabrée en pleine vague de froid… Résultat : lors de la plantation, les mottes étaient à moitié gelées ! Les baguenaudiers ont peu apprécié même s’ils s’en sont remis depuis (… pour la plupart).

Fin janvier, nous avons également planté nos premiers fruitiers (ceux du conservatoire végétal). Trois pruniers, deux pêchers (néctariniers), un cerisier. C’est bon pour le moral !

Suivi de la création d’un jardin forêt comestible en permaculture.

Les plants ont commencé à se multiplier au milieu de l’hiver – © Grégor Alécian

Parenthèse technique : notre protocole de plantation est simple : pour chaque plante, nous faisons un trou (bêche et/ou pioche) deux à trois fois plus large que le godet, ou aussi au moins aussi large que les racines nues (quand elles sont massives et étalées) ; et un tiers plus profond que les racines ou la motte. Puis nous griffons les bords du trou (notre terre est argileuse et se tasse vite à la bêche). Nous ajoutons une pincée/poignée (en fonction du plant) de corne broyée au fond et nous comblons en émiettant au mieux les mottes. Un peu de terreau est ajouté et incorporé en surface. On arrose, on paille, et on place la protection anti-chevreuil si besoin (manchon ou surtronc). La terre de surface (la « semelle ») est retournée en arc de cercle, en bordure aval de la plantation. Cela détruit les herbes qui poussaient dessus, et à un effet de rétention d’eau quand il pleut, car la parcelle de notre forêt comestible est en pente.

Février : l’avalanche végétale au jardin-forêt.

Pendant les dix premiers jours de février, Chaabi et moi sommes allés achever notre formation chez Fermes d’Avenir, ce qui m’a permis de présenter le projet de forêt-jardin là-bas et d’affiner ses objectifs dans ma tête (production nourricière pour TERA, support de formations ultérieures en permaculture, visites pédagogiques…). J’en ai également profité pour lancer les premières commandes d’arbustes, afin de pouvoir procéder à leur plantation dès mon retour.

Pendant ce temps à la ferme de Lartel, les pêchers déjà en notre possession ont été déplantés et replacés dans les guildes. Une haie de cassissiers (visible sur le plan ci-dessus) a aussi été mise en place entre le vieux verger et les guildes.

Tout le reste du mois de février 2017, nous avons travaillé fort avec la « Team Forêt-Jardin » (Lisa, Olivier, Kenny et moi), ainsi qu’avec une partie des permanents et volontaires de passage de TERA, pour planter le gros des arbres et arbustes des guildes.

Avec toutes les protections anti-chevreuils que nous avons mises en place, et les plants encore dépourvus de feuilles pour la plupart, la forêt-jardin commençait à ressembler à la guilde du plastique. À l’arrivée des fruitiers de six ans, la vue s’est nettement améliorée. Quand on part d’une prairie pour faire pousser une forêt-jardin, le facteur psychologique est important. Avec ces beaux arbres qui ont déjà une silhouette formée, la parcelle a pris une autre allure.

Suivi de la création d’un jardin forêt comestible en permaculture.

La team forêt-jardin à l’œuvre pour planter les grands fruitiers de six ans !
© Grégor Alecian / © Kenny Alami

Nous avons déplanté quelques groseilliers égarés ailleurs sur nos terres pour les amener dans la forêt-jardin, et apporté une petite modification au design de la guilde du pommier en ajoutant des plantes dans les coins (deux pommiers que nous possédions déjà et que nous avons transplantés, suivis plus tard de deux groseilliers à maquereau).

Ces premières semaines de plantation ont été l’occasion de rentrer dans la matière, avec la concrétisation de ce que nous imaginions depuis longtemps dans nos têtes. Nos techniques ont vite évolué au fil de nos premières expériences. Nous avons progressivement amélioré notre processus de plantation (pour arriver à l’encart ci-dessus), et avons mis en place quelques règles pour ne pas trop piétiner le sol ou encore pour économiser nos protections (hauteur des manchons divisée par 2 quand les plants sont minuscules). Ça n’est que le début d’un long apprentissage !

La prochaine fois, je vous raconterai la fin de l’hiver et l’arrivée du printemps, avec la densification et l’explosion de vie de la forêt-jardin !

D’ici là, restez permacools. 🙂

Grégor Alécian

Grégor Alécian, citoyen en transition, permaculteur, initiateur du projet de forêt-jardin et membre de la commission communication chez TERA.

TERA est un projet expérimental qui vise à construire un écovillage pour relocaliser à 85 % la production vitale à ses habitants. TERA valorisera cette production en monnaie citoyenne locale, émise via un revenu d’autonomie pour chacun de ses habitants.

Retrouvez le projet TERA sur leur site : http://www.tera.coop

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A propos de l'auteur

Grégor Alécian

Citoyen en transition, permaculteur, initiateur du projet de forêt-jardin et membre de la commission communication chez TERA. TERA est un projet expérimental qui vise à construire un éco-village pour relocaliser à 85% la production vitale à ses habitants. TERA valorisera cette production en monnaie citoyenne locale, émise via un revenu d'autonomie pour chacun de ses habitants. Retrouvez plus d'informations sur le site de TERA : www.tera.coop

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