La ferme en permaculture de Ben Falk à Moretown dans le Vermont, Etats-Unis

La ferme en permaculture de Ben Falk à Moretown dans le Vermont, Etats-Unis

Située dans la vallée de Mad River dans le Vermont, un état du Nord-Est des États-Unis, la ferme de Ben Falk (rien à voir avec Peter Falk, si ce n’est sa perspicacité !) comprend deux sites. Le premier, d’une superficie de 4 hectares (10 acres) est cultivé depuis 13 ans alors que le deuxième ne l’est que depuis 4 ans et s’étend sur 70 hectares (175 acres). L’ensemble ne se prêtait pas à la culture et ne ressemblait pas à l’Eden. Mais 10 ans plus tard, le « désert américain » s’est transformé en terre nourricière.

La ferme en permaculturede Ben Falk est un modèle de résilience et d’autonomie, notamment alimentaire.

Source photo : http://www.wholesystemsdesign.com

Pourquoi le choix d’une ferme en permaculture pour Ben Falk ?

Suite à une prise de conscience brutale sur l’alimentation, la société de consommation, les désastres dus aux cultures intensives et les dommages occasionnés à la Nature, Ben Falk, un « banlieusard » américain lambda a souhaité trouver un autre modèle de vie. L’objectif de cette conversion est de lui permettre de s’adapter au monde en pleine transition, d’être plus résilient et aussi autonome. Il prend conscience que tondre les pelouses en y dépensant de l’énergie, du temps et en polluant est une « culture » stérile ne procurant aucune nourriture, aucune récompense (si ce n’est de servir de beau « crottoir » à chiens !). Ben Falk décide alors de profiter de cette l’impulsion clairvoyante pour mettre ses idées en action et créer une communauté basée sur les concepts de la permaculture, prête à s’investir dans l’élaboration d’une vie respectueuse de l’environnement et de l’être humain. Son objectif devient alors de s’assurer une survie et une autonomie grâce à la permaculture afin de ne pas être démuni lors du pic pétrolier, des changements climatiques, d’un éventuel contrôle des ressources alimentaires ou même d’un effondrement économique.

La ferme en permaculturede Ben Falk est un modèle de résilience et d’autonomie, notamment alimentaire.

Ben Falk en pleine récolte de riz sur sa ferme en permaculture. Crédit photo : Jeb Wallace-Brodeur

Apprendre à connaître sa terre sur sa ferme en permaculture

Ben Falk n’a pas cherché à imposer des lois et des règles. Son objectif fondamental a été de construire des liens plus étroits avec la terre et les ressources qu’elle peut procurer. Conscient que le sol n’est pas une machine, qui fonctionne dès que l’on appuie sur le bouton « marche », mais plutôt un « être vivant », Ben Falk a observé ce système en constante évolution pour s’y adapter mois après mois, année après année. Il a testé des réponses, puis a dû évoluer puis encore essayer d’autres solutions en y répondant puis évoluer, répondre, s’adapter… Selon le fermier du Vermont, s’adapter au caractère de la terre, à ses caprices et ses exigences n’est en fait pas plus difficile que d’entrer en relation avec l’être humain.

Une des clés de sa réussite : avoir bien géré l’eau sur sa ferme en permaculture.

Pour retenir l’eau, une si précieuse ressource, sur son terrain que les agriculteurs conventionnels jugeaient indigne, Ben Falk a creusé des terrasses permettant ainsi à la terre de se gorger de nutriments, de se fortifier. Grâce à cette culture étagée, la présence de plusieurs bassins de rétention et étangs, de nombreux arbres fruitiers arrêtant les courants froids, Ben Falk a réussi à opérer de vrais miracles. Qui aurait pu imaginer que 10 ans après son installation, sa terre « ingrate » produirait de façon incongrue dans le Nord-Est, du riz, des abricots et des pêches ?

La ferme en permaculturede Ben Falk est un modèle de résilience et d’autonomie, notamment alimentaire.

Des terrassements ont été faits pour permettre l’installation de rizières en terrasses. Source photo : http://www.wholesystemsdesign.com

Une ferme en permaculture pour plus d’autonomie notamment alimentaire.

Menant de front l’accession à l’autonomie alimentaire par la permaculture et l’autosuffisance, Ben Falk a mis en place divers moyens pour atteindre son objectif. Il a, par exemple, opté pour un poêle à bois qui lui fournit aussi de l’eau chaude gratuite. Afin de prolonger de 4 mois, la culture de certains fruits et légumes, un système de chauffage au compost inspiré de la méthode Jean Pain a été installé dans la serre. Les surplus de production sont stockés dans de la sciure, mis en conserve pour ne pas se retrouver « démuni quand la bise fut venue », c’est-à-dire, les mois sans récoltes. Ben Falk cultive aussi des champignons shiitaké qui se sont acclimatés au Vermont comme d’autres variétés de plantes exotiques ! Son but n’est cependant pas la recherche d’autonomie totale, car il trouve important et enrichissant de conserver des liens humains, des échanges avec les autres producteurs et amis, il troque ainsi une partie de ses productions contre des denrées ou produits qu’il n’a pas le temps de produire ou pour lesquels il n’a pas les ressources nécessaires sur place.

Favoriser la biodiversité pour plus de résilience

Tout, à la ferme de Moretown a été fait pour ne pas agresser l’écosystème et les éléments vivants qu’il abrite, mais pour développer la biodiversité. Pour réussir à cultiver ses propres aliments et ses médicaments (des plantes médicinales), Ben Falk dû continuellement adapter ses objectifs, ses outils et ses techniques pour apprivoiser sa terre. Semant plusieurs années des engrais verts (trèfle) en même temps que des radis et des navets sur un acre de terrain vraiment difficile, il a réussi à recréer un environnement fertile qui aujourd’hui en 3 mois donne plus que ce qu’il pouvait donner en 20 ans. La rotation de moutons sur des pâtures plus digestes permet aussi d’apporter un amendement naturel qui fait décoller les productions.

En 10 ans, Ben Falk est arrivé à guérir cet écosystème meurtri en étant respectueux de la terre et en diminuant son empreinte négative tout en acquérant une autonomie énergétique et alimentaire. Psst, approchez l’oreille : on vous dévoile un secret de ce jardinier-modèle : ses plantes coup de cœur sont les argousiers (pour leur qualité nutritive), le sureau, les noyers (pour leur inlassable source de protéines), les châtaigniers, le pin blanc de Corée (pour ses pignons riches en huile) et le schisandra et l’aronia (pour leurs vertus médicinales).

Si vous voulez en savoir plus sur la ferme en permaculture de Ben Falk, découvrez notre article sur son livre sorti depuis peu en français : « Une ferme résiliente et productive pour vivre à la campagne. »

L’encyclopédie des plantes bio-indicatrices alimentaires et médicinales : Guide de diagnostic des sols Volume 1

Une ferme résiliente et productive pour vivre à la campagne :

une approche innovante de la permaculture et de la conception globale de systèmes conduite avec le regard de l’habitant, du fermier, de l’architecte et du paysagiste.

Ben Falk
290 pages, édité par Imagine un colibri en mars 2013.

Prix : environ 30 €

Références complètes (éditeur, ISBN…), descriptions et avis des lecteurs sur :
Amazon    |   Decitre    |   Unithèque

Présentation par Ben Falk de son travail sur la ferme. La ferme en permaculture de Ben Falk est un modèle de résilience et d’autonomie, notamment alimentaire. Source vidéo : http://www.wholesystemsdesign.com

Présentation par Ben Falk de son mode de vie sur sa ferme et son adaptation aux hivers rudes. Source vidéo : https://www.possiblemedia.fr

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PermacultureDesign

Cet article a été rédigé par l’équipe du bureau d’étude PermacultureDesign.

3 Commentaires

  1. INNOVILYS FONDATION

    FÉLICITATION !! BEAUCOUP DE CHOSES INTÉRESSANTES

    Réponse
  2. Heikel de JardinerFuté

    Bonjour,

    Voilà une histoire des plus inspirante ! Merci pour ce partage plein d’espoir et de résilience. L’article est d’ailleurs super bien écrit ! 🙂
    J’ai très apprécié le passage « Le sol n’est pas une machine, qui fonctionne dès que l’on appuie sur le bouton « marche » » ! Je rejoint tout à fait cette analyse.

    Réponse
  3. Fab

    Je lis son livre en ce moment.. en anglais.. une approche intéressante… un modèle très adapté sur son terrain mais qui donne une réelle vue que la permaculture n’est pas du copier coller..

    Réponse

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